Avec ce coefficient de céphalisation, on obtient un classement satisfaisant. L'homme vient nettement en tête avec un coefficient égal à 2,8, d'après Dubois; 2,73 pour l'homme et 2,72 pour la femme, d'après les calculs de M. Lapicque. Bien au-dessous viennent les singes supérieurs, les anthropoïdes, orangs ou gibbons, 0,76 à 0,70; puis les singes inférieurs, tels que les ouistitis, 0,48; enfin, les autres mammifères, 0,45 à 0,30.
Toujours, fait capital, les grandes et les petites espèces d'une même famille, quelle que soit la différence de leur poids, sont rapprochées par leur coefficient de céphalisation.
Il résulte de cette loi qu'entre des espèces animales qui diffèrent seulement par la taille, le poids de l'encéphale varie beaucoup moins vite que le poids du corps. Si, par exemple, dans une même famille, nous considérons deux représentants d'espèces de taille différente, l'un ayant un poids triple de celui de l'autre, le poids de l'encéphale du plus gros sera non pas triple, mais double; de celui du poids du plus petit. Par conséquent, les petits animaux ont une bien plus forte proportion d'encéphale que les grands.
Cette proportion à laquelle nous avons vu qu'on ne pouvait attacher la signification que lui attribuait Cuvier paraît avoir un sens très net: elle marquerait une limite à l'évolution des espèces dans le sens de la diminution de la taille. La tête, en effet, ne saurait être démesurément lourde par rapport au corps: il semble qu'elle ne puisse dépasser un dixième ou un huitième du poids total du corps. Or, la tête comprend non seulement l'encéphale, mais encore la boîte crânienne, le massif facial, les mâchoires, les appareils des sens. Un oiseau peut donc se permettre au maximum un quinzième de son poids total comme encéphale; un mammifère au maximum un vingt-cinquième.
En ce qui concerne l'espèce humaine, M. Lapicque a calculé que, la plus petite race possible «ayant un cerveau fonctionnellement égal au nôtre, aurait un pouls d'environ 15 kilogrammes». Nous voilà bien loin encore des Lilliputiens de Swift qui, avec leur taille de 6 pouces pèseraient moins de 100 grammes!
Une belle oeuvre architecturale du XVIIe siècle entourée
de bâtiments de ferme: le portail d'honneur du château de Brécy, dans le Calvados.
--Phot. Ch. Foulard.
UN CHATEAU DE MANSARD
«Mlle Rachel Boyer, de la Comédie-Française, vient de se rendre acquéreur du château de Brécy, dans le Calvados, à 22 kilomètres de Caen.» Rencontrée en quelque coin de journal, au détour d'une colonne, la brève nouvelle se glisse dans l'esprit tout discrètement, sans tapage; et l'on a, tout d'abord, un sourire pour féliciter, intérieurement, l'heureuse artiste, en songeant in petto qu'il s'agit sans doute d'une jolie gentilhommière normande environnée de grasses prairies... Et l'on ne s'arrêterait qu'un instant, si l'information n'ajoutait: «Le château de Brécy est un ancien édifice du dix-septième siècle, bâti par Mansard.» Voilà de quoi éveiller la curiosité de tous ceux qui s'intéressent au sort de nos vieilles demeures de France.
Celle-ci était, avec les ans, tombée en un fâcheux état d'abandon. Quelles vicissitudes avait-elle subies, depuis que l'illustre Mansard, celui de Choisy et de Maisons-Laffitte, l'avait fait construire pour un de ses parents, lequel devait trouver fort agréable d'avoir pareil architecte dans sa famille. Les archives locales établiraient cette histoire, qui est celle de tant d'autres monuments, mal préservés de la double injure des hommes et du temps. Les pierres ont leur grandeur et leur décadence: Brécy, livré à un propriétaire qui en ignorait la valeur artistique, connaissait la mauvaise fortune. Une métairie s'était installée dans le charmant domaine. Et, tout à côté du portail d'entrée, chef-d'oeuvre de grâce et de noblesse, des bâtiments de ferme montraient leurs toits de chaume.