Le Diadoque divisa alors ses vingt-trois bataillons, dont la 4e division, en trois colonnes sous le commandement général du général Moskopoulos. Deux colonnes fortes de quatorze bataillons et de quatre batteries de montagne partaient à l'est d'Olitsika, l'une dans la vallée de Manoliassa, l'autre (4e division) sur les crêtes mêmes de Manoliassa.

La troisième colonne (neuf bataillons et deux batteries) partit le mardi soir, passa derrière Olitsika, fit toute la nuit une marche forcée sur un sentier gelé où les hommes glissaient et tombaient à tout instant. A 7 heures du matin, cette colonne arrivait sans être aperçue à 150 mètres des tranchées de Tsouka. Elle tombait à l'improviste sur les Turcs qui, surpris, faisaient un semblant de résistance puis s'enfuyaient.

La chute de Tsouka amena la chute d'une position dite de «la côte 750», puis du fort Saint-Nicolas, et ensuite du fort de Dourouti. Sur ces différentes positions, dix pièces de canon étaient prises.

Le fort de Bizani essaya bien, dans la journée, d'empêcher la marche en avant des troupes grecques en bombardant Manoliassa, Saint-Nicolas et Dourouti; ce fut en vain.

Les troupes turques battaient en retraite vers Bapsista. Alors, l'artillerie de montagne vint se mettre en batterie de ce côté. Elle tira sur les Turcs avec des obus explosifs qui allaient transformer la retraite en une fuite éperdue.

A 4 heures du soir, la colonne du centre, composée d'evzones, qui était passée par la vallée de Manoliassa, arrivait à 800 mètres des portes de la ville, après avoir coupé tous les fils télégraphiques entre Bizani et Janina. Dès ce moment, la ville était perdue pour les Turcs.

Ce fut alors qu'Essad pacha fit venir les consuls et les pria d'adresser en son nom au Diadoque des propositions pour la reddition de la ville, ce qui fut fait. Un peu plus tard, dans la nuit, vers 2 heures du matin, le vicaire du métropolite et plusieurs officiers turcs se rendaient en automobile auprès du Diadoque pour arrêter définitivement les clauses de la reddition, ce qui fut très simple, puisque Essad pacha livrait la ville, les forts, leur matériel, et se constituait prisonnier, lui et son armée, sans aucune condition.

Mais presque toute l'armée grecque ignorait cette reddition, et c'est pourquoi l'extrême droite fit le matin, à 5 heures, cette attaque que tout le monde, de ce côté, avait cru être l'attaque décisive. Les Turcs, ignorant également qu'Essad pacha avait rendu la ville, ripostèrent. Mais, tout de suite, des deux côtés, les ordres de cesser le feu arrivèrent, ce qui fit que le combat ne dura qu'une demi-heure.

UNE AUDIENCE DU DIADOQUE

Janina, 9 mars.