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Le Vorwaerts publiait, l'autre jour, la circulaire suivante qui avait été adressée, à la fin de février, aux fournisseurs de l'armée:
MINISTERE DE LA GUERRE
Section ministérielle
Berlin, W.66 23-2 1913.
N° 911/2 13.7.1 Leipziger strasse nº 5.
Le numéro spécial du 10 avril de la Leipziger Illustrirte Zeitung sera consacré tout entier à l'armée allemande et publié avec la collaboration du ministère de la Guerre de Berlin. Pour que rien ne manque à ce numéro, il est souhaitable que les fournisseurs de l'armée et toutes les industries relevant de la défense nationale y publient des exposés, du développement de leurs affaires et de leurs procédés de travail.
La section ministérielle du ministère de la Guerre est prête à donner à ce sujet tous les renseignements désirés.
Hoffmann,
Commandant et chef de section.
A cette circulaire était jointe une lettre de la rédaction de la Leipziger Illustrirte Zeitung mettant les colonnes de la revue à la disposition des fournisseurs.
Le résultat, c'est qu'aux 46 pages de texte viennent s'ajouter 124 pages de publicité. «Il vous faudra payer, avait écrit expressément l'I. Z., pour la publication de l'article. Par contre, nous vous fournirons gratuitement des conseils sur la forme artistique et littéraire à lui donner.»
Toutes les branches de l'industrie nationale se retrouvent là dans leur spécialisation militaire: l'automobile de guerre à côté de la cuisine de campagne, les tanneries près des hauts fourneaux, la machine à écrire et l'optique, les conserves alimentaires et l'aéroplane, le pneumatique et les trousses de chirurgie. En une longue page on nous explique «Comment se confectionne une chemise de soldat». Un établissement métallurgique prend pour devise: «Au fer par le feu.» Les fonderies, les forges, les ateliers de construction donnent de copieux aperçus historiques de leurs entreprises. C'est à qui a contribué le plus tôt à la grandeur, à la prospérité et à la sauvegarde de l'Allemagne. Il y en a qui remontent au dix-huitième siècle, d'autres au dix-septième, d'autres au seizième. Il en est qui insinuent discrètement qu'on forait chez eux des canons avant l'invention de la poudre.