Conférences.--Au Cercle de l'Union artistique (rue Boissy-d'Anglas): le 17 mai, en matinée réservée aux dames, conférence sur la Danse, par le marquis de Montferrier.--A la Comédie des Champs-Elysées (avenue Montaigne), à 4 h. 1/2, le 17 mai: conférence de M. G. Prade: les Minutes tragiques de l'aviation; le 24 mai: la Femme et le Théâtre, par M. Marcel Prévost.
Fêtes de Jeanne d'Arc.--A la basilique de Saint-Denis, le 18 mai: fête historique et religieuse en l'honneur de Jeanne d'Arc.
Vente de charité.--Au ministère de la Justice, le 17 mai, de 2 heures à 7 heures, troisième journée de vente de l'Orphelinat des Arts.
Sports.--Courses de chevaux: le 17 mai, Saint-Ouen; le 18, Longchamp; le 19, Saint-Cloud; le 20, Saint-Ouen; le 21, le Tremblay; le 22, Longchamp; le 23, Maisons-Laffitte; le 24, Saint-Ouen.--Automobile: le 18 mai, ouverture du IVe Salon russe de l'Automobile, à Saint-Pétersbourg.--Cyclisme: les 17 et 18 mai, course annuelle Bordeaux-Paris. Arrivée au Parc des Princes.--Boxe: le 21 mai, au Cirque de Paris, match Ledoux-Castillon; à la salle Wagram, le 28 mai, Grand Prix de Paris (amateurs).--Escrime: le 17 mai, assaut du cercle Hoche; à la même date, au Nouveau-Cirque, à 2 heures: assaut en l'honneur de Pini.--Au Jardin des Tuileries, du 18 au 25 mai: Grande semaine des Armes de combat, de la Fédération parisienne d'escrimeurs.--Courses à pied: Racing-Club de France, le 18 mai, prix Blanchet.
LES LIVRES & LES ÉCRIVAINS
LES ANGES GARDIENS
Nos lecteurs, les premiers, auront connu les pages inédites de cette oeuvre poignante de vérité, de ce livre grave et clair, si prodigieusement animé et puissamment actuel, émouvant comme un cri d'alarme, et dont l'exceptionnel retentissement déjà confirme l'opportunité sociale. «Ce livre, que l'auteur croit utile aux mères françaises, n'est pas destiné à leurs filles.» M. Marcel Prévost, en toute loyauté, vient d'inscrire à la première page du volume de librairie (1) cet avertissement qui fut d'abord donné par M. Gaston Rageot à notre public lorsque le roman commença de paraître dans L'Illustration. Les livres des mères ne sont point nécessairement des livres pour leurs filles. Il est dangereux d'enseigner directement la vie aux imaginations trop fragiles et aux coeurs trop neufs.
Note 1: Les Anges gardiens, Ed. Lemerre, 3 fr. 50.
Il n'appartient pas, du reste, aux jeunes filles de choisir elles-mêmes leurs «anges gardiens». C'est là oeuvre des mères et responsabilité des mères. Les anges gardiens! Le mot a déjà sa fortune faite! Il a évoqué, dans tous les foyers français, la vision d'un péril. Bien entendu, une généralisation absolue serait imprudente et inique. Les anges gardiens, qui nous viennent d'Angleterre, d'Allemagne, d'Italie, de Belgique, pour veiller sur l'instruction et les loisirs de nos filles ne sont point tous de mauvais anges. Non, sans doute, mais parmi ces quelques ailes blanches il se glisse un trop grand nombre d'ailes noires...
«Il est anormal, dit le préfet de police Lehoux--qui, nous avertit M. Marcel Prévost, exprime, touchant les «anges gardiens» (page 333), l'opinion exacte de l'auteur--il est anormal qu'une fille de dix-huit à vingt ans, une fille d'une certaine culture, d'une certaine éducation, quitte sa famille et sa patrie pour venir gagner son pain à Paris. Oui, c'est anormal, parce que l'expatriation, à cet âge, est pleine de dangers pour elle, et que toute honnête famille ne s'y résoudra qu'à la dernière extrémité. Sur dix cas, il y en aura un où d'honnêtes parents auront délibérément envoyé à l'étranger leur fille sage et courageuse, et neuf autres cas où la fille aura quitté ses parents par coup de tête, soit que la famille fût inhabitable (mariage du père, inconduite de la mère, scandale), soit qu'une aventure galante l'eût entraînée. Dans ces neuf derniers cas, la demoiselle accumulera les obscurités et les mensonges pour que nul ne puisse remonter jusqu'à sa famille: faux noms, faux lieu de naissance, faux certificat... Les étrangers sont obligés de déclarer leur identité? Mais combien de mères ou de pères de famille, embauchant une institutrice, se donnent la peine de vérifier la déclaration de l'étrangère?... Et quand vous avez fait votre choix, avec cette légèreté, dans ce milieu essentiellement suspect et presque impossible à contrôler, qu'est-ce que vous confiez à la personne choisie? Précisément ce que vous avez de plus précieux et de plus fragile,--votre fille.»