La consommation des munitions s'éleva à 736.000 cartouches d'infanterie et 7.780 coups de canon pour les Russes, 4.000.000 de cartouches et 40.150 coups de canon pour les Japonais.

En admettant que 18% des pertes ont été causées par l'artillerie et 82% par les balles d'infanterie, on trouve que pour mettre un Russe hors de combat il a fallu environ 151 coups de canon ou 3.300 cartouches d'infanterie, et pour un Japonais 10,5 coups de canon ou 214 cartouches.

En comptant le poids des projectiles de l'artillerie japonaise à 6 kil. 5 et celui des balles de fusil à 10 gr. 5, on voit que, pour atteindre un Russe, il a fallu près de 1.000 kilos d'acier et de plomb sous forme de projectiles d'artillerie ou environ 32 kilos de plomb sous forme de balles d'infanterie.

Le maréchal de Saxe a donc plus raison que jamais, et l'on ne saurait s'étonner de ce résultat, car, contrairement au préjugé vulgaire, le perfectionnement des armes à feu n'a aucune influence sur la grandeur des pertes qu'une troupe peut subir à la guerre. Le pour cent de ces pertes dépend uniquement de la valeur morale de la troupe engagée: si la troupe est bravo, elle subit des pertes considérables, parce qu'elle garce sa position sous le feu; mais si elle ne compte dans ses rangs que des poltrons elle ne subit que des pertes insignifiantes, parce qu'elle tourne le dos et se met à l'abri dès qu'elle a vu tomber quelques hommes dans ses rangs. Il y a, en effet, longtemps que les poltrons ont reconnu qu'à la guerre comme en escrime la meilleure parade est la neuvième, celle qui consiste à... déguerpir.

La machine a souffler le verre.

La machine à souffler le verre a été inventée en Amérique en 1903, mais c'est seulement en ces dernières années qu'elle a révolutionné l'industrie des bouteilles.

En 1906, il existait 8 machines aux États-Unis; il y en avait 36 en 1908. On en compte aujourd'hui 136 qui produisent chacune 111 grosses et demie, soit environ 16.000 bouteilles par journée de vingt-quatre heures. La production totale en 1911 a atteint 3.575.000 grosses.

La main-d'oeuvre a naturellement baissé dans des proportions considérables. Tandis que, de 1900 à 1910, la force motrice employée dans les fabriques de bouteilles augmentait de 40%, l'effectif global du personnel ne s'accroissait que de 7%. Et, au lieu de 10.000 souffleurs en 1905, il n'y en a plus que 7.200 en 1911. Aussi, prévoit-on que, dans peu d'années, cette profession spéciale aura complètement disparu aux États-Unis.

Les bureaux de bienfaisance.

Le nombre des bureaux de bienfaisance relevé en France en 1910 était de 16.623, au lieu de 16.157 en 1909. En 1847, il n'y en avait que 7.599. En 1911, à la suite de la dévolution des biens ecclésiastiques, on a créé 2.300 bureaux nouveaux.