Ce radis pèse couramment 2 kilos. Celui que représente notre photographie a été récolté aux environs de Paris; on voit à côté une botte ordinaire de petits radis prise à la même échelle.

Le daïkon, de goût assez agréable, cru ou cuit, peut constituer, paraît-il, un bon légume et un excellent fourrage. Dans certaines conditions de culture, son rendement devient considérable.

On ne saurait encore se prononcer en parfaite connaissance de cause sur sa valeur pratique sous le climat de Paris. Mais on doit souhaiter que les essaya se multiplient dès que les graines du daïkon se trouveront dans le commerce.

Notre représentant a Scutari.

En publiant, dans notre dernier numéro, quelques photographies prises au consulat de France à Scutari, pendant et après le bombardement, nous avons, par erreur, donné à M. Krajewski, notre distingué représentant en cette ville, le titre d'«agent consulaire». M. Krajewski est en réalité consul de 1re classe, et, comme tel, appartient à la «carrière»,--au rebours des agents consulaires, qui, souvent, ne sont pas de nationalité française.

SCUTARI REMISE AUX PUISSANCES

(Voir la gravure de première page.)

Moralement contraint, et confiant, d'ailleurs, en sa touchante bonne foi, dans l'équité des puissances pour lui faire accorder le prix de tant de sang versé, de tant de vies héroïquement sacrifiées à la patrie, le Monténégro s'est incliné, comme il l'avait dit: Scutari, évacuée par les troupes du prince Danilo, a été occupée mercredi, à 2 heures, par les détachements de marins débarqués des navires des diverses nations qui assuraient le blocus de la côte. Tous les détails de cette substitution de forces avaient été réglés d'avance et formulés dans un protocole signé entre les amiraux de l'escadre internationale et M. Plamenatz, ancien ministre du roi Nicolas à Constantinople, avant la guerre, et actuellement titulaire du portefeuille des Affaires étrangères dans le nouveau cabinet présidé par M. Miouchkovitch,--le ministère Martinovitch ayant démissionné précisément en raison de l'abandon forcé de Scutari.

Les Monténégrins ont, naturellement, été autorisés à enlever du moins le matériel de guerre qu'ils avaient conquis, ainsi que tous les objets appartenant au gouvernement ottoman.

Le détachement international chargé d'assurer la police de Scutari comprend 1.000 hommes: 300 Anglais, 200 Italiens, 200 Austro-Hongrois, 200 Français, 100 Allemands. Des vapeurs fluviaux l'ont conduit par la Bojana jusqu'à Scutari. Au même moment où il pénétrait dans la ville, les troupes monténégrines en sortaient, remontant dans la direction de l'ancienne frontière: le sacrifice était consommé.