Plus tard, une église fut construite sur le frigidarium lui-même, et, de la piscine, on fit une sorte de crypte que l'on employa comme cimetière. Cette crypte fut trouvée pleine de squelettes, portant au cou des colliers avec médailles, qui permettaient de faire remonter la construction de l'église au sixième ou septième siècle, soit au temps des Goths et des Lombards. Les mosaïques qui couvrent le fond sont très grossières. On rencontre chaque jour des objets de toutes espèces au fur et à mesure que les fouilles avancent. M. Pasqui a réuni dans le pittoresque village de Licenza une collection très complète d'objets ayant appartenu à Horace. Il y a une tête en marbre de l'impératrice Sanonina qui est assez intéressante. Les ustensiles domestiques (cuillers, candélabres, clefs, anneaux, poids marqués et portant le sceau du vérificateur) sont nombreux. Le grand poète avait même de jolies pierres pour le jeu des osselets. Des vases gaulois bien conservés peints à la barbotine, et remontant au deuxième et au troisième siècle, voisinent avec un glyrarium, sorte de vase de terre cuite renversé, employé comme cage afin d'engraisser rapidement les oiseaux et n'ayant que quelques trous pour laisser passer la nourriture. Déjà les anciens connaissaient donc des procédés pour l'élevage intensif. Des briques ont été recueillies avec la signature: «Numeri Nevi». Elles sont donc parmi les plus anciennes que l'on connaisse. M. Pasqui me montre également de ravissants camées et une bague en or de grande valeur, trouvés dans la villa elle-même. Une pierre tombale, représentant les quatre saisons, nous donne des conseils de résignation: «Certes, vous devrez tous mourir, dit l'inscription, mais du moins vous avez vécu. Dans la vie, l'on mange et l'on boit bien: aussi devez-vous être heureux d'avoir vécu...»

Nous voici arrivés au bout de notre excursion et, tandis que le soleil se couche derrière le mont Lucretile, je me hâte de faire un croquis de l'emplacement de la villa d'Horace, car il est impossible d'en obtenir le plan. «J'ai une modeste maison de campagne», écrit Horace; en effet, la villa n'est pas très grande, --juste la place, dans la partie réservée aux serviteurs, pour loger les huit esclaves que possédait le poète.

Les travaux sont loin d'être terminés, et l'on peut espérer que le gouvernement italien, vu les beaux résultats déjà obtenus par M. Pasqui, se hâtera de permettre--financièrement--de poursuivre les fouilles qui nous réservent peut-être encore d'agréables surprises.

Il y a deux ans, le promeneur attentif aurait à peine remarqué, sur une colline ombragée d'oliviers et de noyers, deux piliers dépassant le sol de 50 centimètres, et il ne se serait certainement pas douté que des mosaïques se trouvaient merveilleusement conservées, dans cet endroit retiré, à deux mètres sous terre.

Le sol italien est encore riche en trésors, et l'ère des découvertes n'est point close.
Robert Vaucher.

Un mouvement d'ensemble.--Devant la tribune officielle: remise du drapeau fédéral aux gymnastes de Vichy par la section de Tunis-ville.

LA FÊTE ANNUELLE DES GYMNASTES DE FRANCE

Chaque année, à la Pentecôte, l'Union des Sociétés de gymnastique de France, que préside depuis bien des années déjà, avec tant de zèle éclairé, M. Ch. Cazalet, tient ses assises, sa «fête fédérale», dans la ville qui l'invita l'année précédente. C'était, cette fois, à Vichy. Et, selon un usage traditionnel aussi, plusieurs membres du gouvernement présidaient à cette fête. C'étaient MM. Louis Barthou, président du Conseil, Etienne, ministre de la Guerre, et Clémentel, ministre de l'Agriculture.

Plus de 8.000 gymnastes, parmi lesquels figuraient les sokols de Prague, les dames gymnastes de Rotterdam, une société italienne de Cagliari, d'autres sociétés étrangères encore, ont pris part, dans ces deux journées, aux concours et, dans la manifestation finale, exécuté devant les ministres ces exercices d'ensemble dont la précision, attestant la parfaite discipline, l'entraînement des gymnastes, charme toujours les profanes.