Conférences.--Hôtel de Sens (rue du Figuier): le 15 juin, à 4 heures, conférence de M. Léon Riotor. Le 20 juin, au Salon de la Société des Artistes Français (Grand Palais): conférence de M. Jean Morin: la Verrerie artistique dans l'antiquité.

Exposition philatélique.--Au Palais de Glace (Champs-Elysées): du 21 au 30 juin, exposition philatélique internationale organisée par la Société française de timbrologie.

Expositions artistiques.--Paris: Grand Palais: Salon de la Société des Artistes Français; Salon de la Société nationale des Beaux-Arts.--Pavillon de Marsan (Louvre): l'Art des Jardins en France.--Bibliothèque Le Peletier de Saint-Fargeau (29, rue de Sévigné): Promenades et Jardins de Paris.--Hôtel de Sens (rue du Figuier): le 16 juin, clôture de l'exposition des Artistes du 4e arrondissement.

Congrès.--A l'Hôtel des Sociétés savantes: du 16 au 20 juin, se tiendra un congrès forestier international, organisé par le Touring-Club de France.

Fêtes de bienfaisance.--Au vélodrome du Parc des Princes: le 16 juin, à 2 h. 1/2 fête artistique et sportive, au bénéfice de l'oeuvre française du rapatriement des artistes lyriques et dramatiques.--Au Trocadéro: le 17 juin, matinée donnée Par l'oeuvre des Trente Ans de théâtre au bénéfice de son dispensaire.

Fête.--Le 19 juin, à l'Opéra: soirée de gala en l'honneur de Beethoven, Verdi, Saint-Saens. Au programme, sélection d'oeuvres des trois compositeurs, avec orchestre.

Sports.--Courses de chevaux: le 14 juin, Auteuil; le 15, Chantilly, prix du Jockey-Club: le 16, Saint-Cloud; le 17, Enghien; le 18, le Tremblay; le 19, Longchamp; le 20, Maisons-Laffitte; le 21, Saint-Ouen.--Aéronautique: le 15 juin, à Saint-Cloud, grand prix annuel de l'Aéro-Club de France.--Automobile: le 22 juin, grand prix de France des motocyclettes, circuit de Fontainebleau.--Boxe: le 15 juin, à Toulouse: Willie Levis contre Kid Jackson.

LES LIVRES & LES ÉCRIVAINS

LE GRAND PRIX DE LITTÉRATURE

C'était, la semaine dernière, la seconde fois que l'Académie française attribuait son Grand Prix de littérature. La raison de ce prix, fondé il y a trois ans sur l'initiative de M. Paul Thureau-Dangin, fut sans doute qu'il appartenait essentiellement à l'illustre compagnie de décider, elle avant tous autres, quelle oeuvre méritait, chaque année, d'être sacrée chef-d'oeuvre. De-ci de-là, d'autres jurys bien rentes avaient peu à peu rogné sur cette prérogative, et telles de leurs décisions avaient été retentissantes. On en était venu à complètement oublier que cent ou cent cinquante volumes--à peu près le quart de la production en librairie--étaient annuellement jugés dignes par l'illustre assemblée d'une plus ou moins haute récompense. Les lauréats de l'Académie étaient devenus plus nombreux encore que les officiers d'académie. On n'y prenait plus garde dans le public, tandis que l'on s'accoutumait à acheter de confiance, aux étalages des libraires, les volumes primés par les académiciens Goncourt ou même par les dames de la Vie Heureuse. L'Académie ne pouvait rester sur cet affront. Elle ajouta à ses cent cinquante prix annuels un cent cinquante et unième prix auquel elle donna le nom de Grand Prix, et qu'elle dota de dix mille francs. Dix mille francs, c'est une somme. Il y eut une brusque émotion dans toute la gendelettres où, nuls, jeunes ou vieux, ne pouvaient bouder à un pareil encouragement à bien écrire. De son côté, l'Académie se devait à elle-même, pour cette fois, de bien juger. Elle souhaita d'être infaillible, et ce souci l'obséda au point que, le premier coup, dans le scrupule de se tromper, elle préféra s'abstenir de prendre une décision. On lui reprocha assez vivement cette attitude pour que, l'année suivante, elle supprimât le temps de la réflexion et se précipitât, les yeux fermés semble-t-il, sur une oeuvre dont on lui avait dit du bien: l'Élève Gilles, de M. André Lafon. Mais ce choix fut peu ratifié par le public. On attendit la belle, c'est-à-dire la troisième épreuve, qui se décida le jeudi de la semaine dernière. Trois livres, ou plutôt une oeuvre, toute une oeuvre d'écrivain et deux livres étaient en discussion. Couronnerait-on le Jean-Christophe, de M. Romain Rolland, qui venait de terminer, par un éblouissant chapitre (1), ce roman, en onze volumes, de la pensée d'une époque; ou bien donnerait-on le prix aux romans nés d'hier de deux nouveaux venus dans les lettres: Laure (2), de M. Émile Clermont, ou l'Appel des armes, de M. Ernest Psichari (3). Il apparut tout de suite que la beauté et la richesse de l'oeuvre de M. Romain Rolland étaient indiscutables et ne souffraient guère de comparaison. Mais il y avait à trancher une question de principe par quoi se divisaient les opinions académiques. Le Grand Prix devait-il honorer une carrière ou encourager un début? On vota plusieurs fois pour se mettre d'accord sur la thèse et, finalement, la majorité des suffrages attribua le laurier d'or à l'oeuvre de M. Romain Rolland, à Jean-Christophe, que venait d'ailleurs de parachever le volume final paru dans les délais convenus pour la validité des candidatures. Le président de la République lui-même, M. Raymond Poincaré, avait tenu à participer à toutes les passes de la joute. On assure qu'il vota pour Jean-Christophe.