L'ATTENTAT D'HANOI

Le commandant Chapuis.

Nous avons, il y a deux semaines, signalé, par quelques documents photographiques, le déplorable attentat d'Hanoï, qui, le 26 avril dernier, fit deux victimes, le commandant Mongrand et le commandant Chapuis. Le portrait du premier qui avait pu nous parvenir sans retard, a été, à cette douloureuse occasion, publié dans notre numéro du 31 mai. Il convenait de rendre le même hommage à son camarade, frappé à ses côtés, officier, comme lui, d'infanterie coloniale.

Le commandant Chapuis, blessé grièvement par la bombe jetée sur la terrasse du Hanoï-Hôtel, ne succomba qu'après une cruelle agonie: il eut encore le suprême courage de supporter une opération qui ne laissait aucun espoir.

Il est mort au moment où il s'apprêtait à revenir en France, ayant terminé son séjour en Indochine.

DOCUMENTS et INFORMATIONS

Histoires de scorpions.

L'histoire naturelle nous apprend que le scorpion est un animal d'une voracité extrême, redoutable pour les insectes dont il fait sa proie ordinaire, et même pour l'homme, qui doit, dans les pays chauds, se garder de sa piqûre envenimée: les deux photographies reproduites ci-contre témoignent que sa férocité s'exerce également sur ses semblables et que, dans cette gent cruelle, le plus vigoureux s'attaque volontiers au plus faible, et le dévore.

C'est à un entomologiste de Biskra, M. Chiarelli, grand collectionneur d'insectes sahariens, que nous devons la communication de ces curieux documents. On sait que la femelle du scorpion porte ses petits sur son dos jusqu'à ce qu'ils soient assez forts pour aller chercher eux-mêmes leur subsistance. En ayant isolé une avec sa progéniture, M. Chiarelli voulut un jour la sortir de la boîte où il la conservait: mais à peine l'avait-il touchée qu'il vit les petits, effrayés sans doute, s'éparpiller, et la mère, les attrapant avec ses pinces, se mettre à les dévorer un à un. «Comme je craignais de les voir tous disparaître de cette façon, nous écrit l'observateur amusé de cette singulière scène, je plaçai immédiatement le scorpion dans un bocal, où je versai une solution de formol. La mère cessa de vivre, sans toutefois lâcher ceux qu'elle avait déjà saisis entre ses pinces.» Le photographe n'eut ensuite qu'à disposer l'animal et ses petits sur un morceau de drap noir afin d'obtenir le cliché que nous publions.