M. Chiarelli procéda de la même manière pour deux scorpions de taille différente, qu'il avait placés dans un bocal, sans aucune nourriture, et qu'il retrouva, deux jours après, le plus gros dévorant l'autre: on ne voyait plus, de celui-ci, que l'extrémité de la queue, avec le dard. Le formol immobilisa, encore une fois, l'animal, qui put être alors aisément photographié avec sa proie.
| Dans le monde des scorpions.--Une mère qui dévore ses petits. Elle en tient un dans sa bouche et en a déjà saisi deux autres, un dans chaque pince. Collection de M. Chiarelli, à Biskra.--Photographies Bougault. | Scorpion avalant un de ses congénères. On ne voit plus, de la victime, que les trois dernières phalanges de la queue et le crochet venimeux sortant de la bouche du mangeur. |
A propos du rocher de Tormery.
Nous avons longuement rendu compte, dans notre numéro du 31 mai dernier, de l'explosion du «rocher de Tormery», par laquelle ont été anéantis les deux blocs latéraux de l'énorme masse de 9.000 mètres cubes qui menaçait le petit village savoyard. On a pu se demander--et l'auteur documenté de notre article posait, en terminant, la question--pourquoi on avait laissé subsister le bloc principal, si dangereux encore qu'on a dû prévoir, pour empêcher son écroulement, la construction d'un mur de soutien.
M. A. Reulos, ingénieur des ponts et chaussées, qui fut chargé de l'opération, nous écrit que l'explosion de la masse entière, après avoir été soigneusement étudiée, était apparue comme impraticable et inutile, pour plusieurs raisons, qu'il nous explique. Tout d'abord, il eût été impossible de perforer, avec les moyens ordinaires, un bloc de 15 mètres d'épaisseur; il aurait fallu recourir à l'emploi de perforatrices en un point où l'installation d'un matériel compliqué présentait des difficultés presque insurmontables. D'autre part, une exploration minutieuse de la grande faille, en arrière du rocher, avait permis de constater que la masse centrale était solide et qu'il suffisait de la protéger, à la base, par des travaux appropriés. Enfin l'explosion totale faisait craindre des dégâts très importants dans le village. «Malgré l'effritement produit par la dynamite-gomme de la maison Davey-Bickford, assure M. A. Reulos, il reste toujours des morceaux de roc pouvant atteindre 1 ou 2 mètres cubes; plusieurs auraient été projetés au loin, et d'autres seraient restés accrochés dans les broussailles voisines, constituant pour les habitants de Tormery un péril permanent.»
Sur quelques points de détail, M. A. Reulos rectifie nos informations: ce n'est pas la maison Davey-Bickford qui a fait percer les trous de mine, mais la maison Bernasconi, de Chambéry; et la partie centrale du rocher n'a pas eu, pendant l'explosion, le moindre mouvement.
Traitement de la diphtérie par l'air chaud.
M. Rendu a constaté que les microbes de la diphtérie sont détruits par un chauffage à 60 degrés pendant cinq minutes ou par une température de 70 degrés maintenue deux minutes. La diphtérie se localisant généralement aux voies respiratoires supérieures, un essai de traitement par la chaleur paraissait dès lors tout indiqué.
Avant d'expérimenter sur des malades, l'auteur a voulu déterminer la limite de la température que peuvent supporter les voies respiratoires supérieures. Il a pu lui-même supporter des inhalations d'air chaud sec pendant un temps qui variait de 2 minutes à 100 degrés à une demi-heure à 60 degrés, la température de l'air étant prise à l'entrée de la bouche. Pour assurer cette tolérance imprévue, il suffit de protéger les lèvres et le reste de la face avec des compresses imbibées d'eau.