Après cette étude préparatoire, le docteur Rendu a traité par l'air chaud 33 cas de diphtérie, en même temps qu'il soignait un autre groupe de 33 malades avec du sérum antidiphtérique. Les résultats ont été identiques dans les deux cas et la mortalité n'a pas dépassé 15%.

LE CONGRÈS INTERNATIONAL DES FEMMES

Le dixième congrès international des femmes, qui s'était réuni à Paris, vient de terminer ses travaux.

Si les premières féministes pouvaient aujourd'hui contempler leur oeuvre, elles partageraient avec les doyennes du parti un étonnement extrême: Mmes Vincent, Hubertine Aucler et d'autres «anciennes», vaillantes et simples, ont dû se croire transportées dans un monde nouveau, au milieu de cette assemblée où furent représentées plus de vingt nations, assemblée aussi féminine que féministe, élégante et posée, où la sagesse présidait en personne derrière un bureau tout fleuri de roses.

Beaucoup de vieilles dames, ayant évidemment passé l'âge de l'inexpérience; quelques-unes bien charmantes sous les cheveux blancs, n'abdiquant en rien leur dignité ou leur coquetterie de femmes et servant avec esprit la cause qu'elles défendent: telles furent, pour ne citer que celles-ci, Mme Siegfried, présidente du Congrès, et Mlle Bonneval, présidente de séance.

D'autres, plus jeunes, ardemment convaincues, exposent leurs travaux avec mesure, une mesure qui, parfois, paraît de la froideur et empêche les idées de passer «la rampe», exception faite cependant pour Mmes Séverine et Maria Vérone, dont l'éloquence communicative enthousiasme les congressistes.

Lady Aberdeen, ex-vice-reine des Indes, présidente d'honneur, apportait avec l'autorité de son nom la grâce aristocratique de sa personne; Mme Cruppi parlait avec une compétence que sa distinction faisait particulièrement apprécier; Mme Avril de Sainte-Croix se signalait par son activité et son bon sens positif qui lui fit lancer cette boutade: «Commencez par faire respecter les lois que vous avez, avant d'en demander d'autres.»

Et, dans une harmonie parfaite, ce congrès s'est déroulé, sans heurt, sans déclaration outrancière. A peine sentait-on, par instant, poindre ce sentiment indéfinissable qui ressemble de loin à la jalousie, sentiment si accentué dans les assemblées masculines, mais qui, chez les femmes, pourrait bien n'être qu'une généreuse émulation.

Les travaux présentés formaient un ensemble considérable embrassant des questions multiples: hygiène, travail, sciences, politique, etc., le tout traité avec une raison indiscutable.

La section du suffrage offrait un intérêt particulier: on attendait, on espérait peut-être des manifestations ridicules. Cette sympathique curiosité a été déçue; Mme Maria Vérone, s'abstenant de tout commentaire personnel, a simplement rappelé les réformes utiles réalisées par les femmes dans les pays, déjà nombreux, où elles sont électrices et éligibles.