Arrivé à Toulon samedi dernier, à 8 h. 1/2 du matin, le chef de l'État s'embarquait presque aussitôt, après une visite à l'hôtel de ville, sur le croiseur cuirassé Jules-Michelet.

Tous les bâtiments de l'armée navale, ayant à leur tête le Voltaire, battant pavillon de l'amiral de Lapeyrère, avaient quitté le matin la rade pour aller attendre en mer le Jules-Michelet. Le croiseur, arborant le pavillon personnel du Président, aux initiales R. P., défila d'abord entre deux files de torpilleurs d'escadre et de sous-marins, faisant la haie sur son passage, puis rencontra successivement, comme dans une première revue, les divers éléments de l'armée navale.

L'après-midi devait être rempli par une intéressante manoeuvre. Pendant le déjeuner, la flotte concentrée se disloquait, se divisait, en vue du combat en deux groupes sous le commandement respectif des amiraux Boué de Lapeyrère et de Marolles. A une heure, ils étaient à 20 milles l'un de l'autre, et l'amiral de Lapeyrère commençait à faire rechercher par sa division légère l'adversaire avec lequel il voulait engager le combat.

M. Étienne. M. Raymond Poincaré. M. Pierre
Baudin. Sur le pont du croiseur.

A 2 heures, les deux forces étaient en présence. Le duel d'artillerie commençait.

Il fut suivi, de la part de l'amiral de Marolles de deux attaques de torpilleurs qui enthousiasmèrent les spectateurs.

Un duel d'artillerie enfin termina la journée. Puis l'armée entière se trouva réunie, en rade des Salins, par un crépuscule radieux.

En guise de fête vénitienne, on offrit, le soir, au Président, la vue d'une attaque de nuit, et dans le ciel de sombre azur, où ses couchait un mince croissant, les faisceaux des projecteurs emmêlèrent leurs rayons.

La journée du dimanche, consacrée à la revue navale, allait offrir un spectacle moins pittoresque, peut-être, mais d'une impressionnante grandeur.