Un nègre, libre, qui avait une femme esclave la racheta en vendant leurs enfants. On a connu des nègres qui approuvaient fort l'esclavage: l'un d'eux était l'esclave de sa femme, et, lorsque éclata la guerre, ce fut un sudiste enragé. Il fallut même le mettre quelque temps à l'ombre, pour insultes aux troupes du Nord.
Il est même arrivé à des nègres de posséder des blancs, des émigrés: entre autres deux familles allemandes trop pauvres pour payer le voyage et qui obtinrent l'avance des fonds contre promesse d'une certaine durée de travail. Une loi fut même promulguée en Virginie pour empêcher les nègres de posséder des blancs ou des Indiens.
En 1860, à Charleston, il y avait 132 nègres possédant 390 esclaves. On estime qu'il y a bien eu plus de 6.000 nègres possesseurs d'esclaves aux États-Unis. Mais les renseignements les concernant sont très rares.
La chapelle de l'Elysée.
Nous avons promené l'autre jour nos lecteurs parmi les salons du palais de l'Elysée. Nous avions passé, sans nous y arrêter, devant une étroite antichambre, presque obscure, tout près de laquelle aboutit l'escalier privé des appartements du président de la République. On n'a pas parlé depuis bien longtemps de ce coin de l'Elysée. C'est là que se trouve la chapelle, salle basse à laquelle on accède par quelques degrés. Depuis la séparation des Eglises et de l'État, cette chapelle est inutilisée, mais elle a été laissée intacte. Naguère, jusque sous la présidence de M. Émile Loubet, un prêtre y venait dire la messe plusieurs fois dans l'année, et la petite chapelle était alors remplie d'assistants. De vieux serviteurs ont gardé le souvenir des fastueuses cérémonies qui se déroulaient sous ses voûtes, telles que la remise, par le nonce, de la barrette pourpre aux nouveaux cardinaux. Dans sa robe éclatante, le prélat qui, devant l'autel, venait ainsi d'être investi de nouvelles grandeurs, quittait la chapelle et parcourait plusieurs salons aux côtés du président de la République. Des officiers français et des Gardes nobles, venus de Rome tout exprès, leur faisaient cortège. Les personnes qui ont été témoins de ces pompes ne les évoquent qu'avec admiration.
La portée des ondes hertziennes comparée à celles du son et de la lumière.
On peut communiquer à travers l'atmosphère par les ondes sonores, les ondes lumineuses ou les ondes hertziennes. Or, la télégraphie sans fil atteint aujourd'hui des portées de plusieurs milliers de kilomètres, qui dépassent de beaucoup la portée de la télégraphie optique ou des signaux sonores. On peut donc se demander si la supériorité de la télégraphie sans fil ne tient pas, en majeure partie, à ce que les postes hertziens disposent d'une puissance mécanique beaucoup plus considérable que celle utilisée pour la télégraphie optique ou acoustique.
Un ingénieur anglais, M. Duddell, a essayé de résoudre la question, en prenant pour base de ses calculs une portée de 100 milles anglais, soit 160 kilomètres.
Pour franchir cette distance par ondes électriques, l'antenne doit rayonner environ 300 watts.
D'autre part, les expériences récentes de M. Paterson permettent d'admettre qu'une source lumineuse ayant une intensité de l/10e de bougie, est visible jusqu'à 1 kilomètre. Il en résulterait que, pour rester visible à 160 kilomètres, la source lumineuse devrait avoir une intensité de 2.560 bougies. En tenant compte de la perte de rendement, il faudrait, pour obtenir une telle lumière, une force d'environ 250 watts.