La Bulgarie, cependant, par une double démarche à Belgrade et à Athènes, le 2 juillet, a manifesté son désir d'arrêter les combats. Elle assurait que des ordres réitérés avaient été donnés à ce sujet aux commandants bulgares et elle demandait l'envoi urgent d'ordres identiques aux chefs de l'armée serbe et de l'armée grecque. Mais la Serbie et la Grèce se sont bornées à décliner la responsabilité des événements actuels. La Serbie, notamment, a répondu que les combats se poursuivaient du fait de l'armée bulgare, qu'elle n'avait fait que repousser une agression et qu'elle ne pourrait, immobiliser ses troupes tant que les Bulgares resteraient sur des positions qu'ils n'occupaient point avant leur mouvement offensif.
Sur l'escalier de la tribune du Jockey-Club: la manifestation des chapeaux de soie, à l'arrivée de M. Poincaré.
LE GRAND PRIX
Ceux qui, dans quelques années, voudront, avec le recul nécessaire pour juger les grands événements, même sportifs, caractériser en deux traits le Grand Prix de 1913, évoqueront aussitôt la victoire de Brûleur, grand favori, et l'accueil chaleureux, enthousiaste, exceptionnel, fait au président de la République, M. Poincaré. Ainsi, par ces deux signes, se distinguera, dans les annales hippiques, l'épreuve qui s'est disputée dimanche dernier à Longchamp.
La tribune présidentielle.
Suivant l'usage, le chef de l'État, qu' accompagnait Mme Poincaré, arriva, peu avant la course, dans sa daumont, qui, précédée du piqueur André, en redingote gros bleu à parements d'or, et attelée avec la plus fringante élégance, fit sensation au pesage. Le président de la Société d'Encouragement a coutume de venir saluer le président de la République au pied du pavillon officiel: si cette réception fut, durant les précédents septennats, empreinte d'une très déférente courtoisie, les acclamations qu'elle provoqua, cette année, lui donnèrent un éclat dont le souvenir s'était perdu... On put voir, tandis que le prince d'Arenberg offrait son bras à Mme Poincaré, les membres du Jockey-Club manifester une sympathie unanime, groupés sur les marches de l'escalier qui mène à leur tribune réservée. Gardienne des traditions, celle-ci ne saurait admettre, en cette classique journée, que des chapeaux de soie: ils se levèrent tous, d'un commun accord, et s'agitèrent allègrement, au passage du chef de l'État, multipliant, comme autant de sourires de bienvenue, leurs mouvants reflets.
Du Grand Prix lui-même, qui réunissait vingt concurrents, tous français, et d'excellente classe, il faut dire qu'il se déroula sans grande surprise. Après une très belle course, Brûleur, sur qui s'était affirmée la confiance du public, l'emporta nettement, d'une longueur et demie, sur Opott, que suivaient Ecouen et Isard II: il avait battu le record de vitesse en couvrant, en 3 minutes 13 secondes, les 3.000 mètres de l'épreuve. Par cette victoire, qui, pour avoir été un peu discutée, n'en demeure pas moins brillante, le jockey Stern a fait triompher la casaque rayée marron et jaune de M. de Saint-Alary, l'heureux propriétaire-éleveur de Brûleur.