GRECS, SERBES ET BULGARES EN MACÉDOINE
La journée du 30 juin a vu se produire un coup de théâtre dans la péninsule balkanique. Au moment où les plénipotentiaires de Sofia et de Belgrade s'apprêtaient à se rendre à Saint-Pétersbourg pour soumettre le différend à l'arbitrage du tsar, au moment où la solution pacifique du conflit paraissait le plus probable, les armées on présence entamaient la lutte sur un front de 200 kilomètres, presque partout à la fois. Sans doute plusieurs chocs s'étaient déjà produits entre les avant-postes des partis opposés; mais il s'agit actuellement de combats beaucoup plus importants et qui mettent aux prises la totalité, ou peu s'en faut, des troupes d'occupation de la Macédoine: serbes, hellènes et bulgares.
Au lendemain même de la prise d'Andrinople, dès que la résistance turque a été définitivement écrasée, on a senti que la jalousie des alliés, dissimulée jusque-là, allait se manifester. Les troupes bulgares, libérées par la capitulation de Choukri pacha, se dirigeaient non vers Tchataldja, mais vers Salonique, tandis que les deux divisions serbes du corps de siège regagnaient en toute hâte le territoire national.
Dès la signature des préliminaires de paix avec la Turquie, les armées bulgares de Thrace sont dirigées vers l'ouest et concentrées de manière à s'opposer partout aux groupements serbes et grecs.
La 3e armée (général Radko Dimitrief) court s'interposer entre la capitale et la frontière serbe, à cheval sur la voie ferrée de Nich à Sofia; elle comprend les 3e, 4e, 5e et 9e divisions.
La 1re armée (général Koutintchef), comprenant les 1re, 6e et 10e divisions, se concentra sur la haute Strouma; son quartier général à Kustendil.
Ces deux armées, sous les ordres du général en chef Savof, doivent compter au total 160.000 hommes environ.
La 4e armée--(2e, 7e et 12e divisions), précédemment, stationnée face à Boulaïr, est, reportée à Sérès et Brama. La 8e division bulgare, de l'ancienne armée du siège d'Andrinople, vient la renforcer. Ce groupement, qui fait face aux Grecs, est commandé par le général Ivanof; on peut, l'estimer à 75.000 hommes.
Ainsi, nous retrouvons, en Bulgarie et en Macédoine, trois des quatre armées constituées l'année dernière pour combattre la Turquie. Seule, la 2e armée--celle d'Andrinople--a été disloquée. La 11e division, qui entrait dans sa composition, se trouvait encore, aux dernières nouvelles, maintenue à Andrinople et s'était augmentée des troupes d'étapes, autrefois échelonnées entre Mustapha-Pacha et Tchataldja.
Enfin, on a constitué à Choumla, vers la frontière roumaine, un noyau de couverture avec des éléments divers, dépôts, recrues, arrière-ban (Opoltchénié).