Pour un spectateur profane, ce jeu passionnant peut paraître une folie. Mais l'usage intelligent de la corde permet de pratiquer cette gymnastique vertigineuse avec sécurité. Afin de prévenir tout accident, on emploie deux cordes, l'une dite «de rappel» que lance le premier alpiniste (elle doit avoir 40 mètres environ), l'autre (plus courte) qui réunit les deux grimpeurs. Pendant la traversée aérienne, l'alpiniste B passe sur la corde de rappel doublée, mais il est attaché au milieu de l'autre corde dont ses deux compagnons tiennent les extrémités. Une chute devient ainsi impossible. Enfin, pour effectuer le retour, le grimpeur C se noue d'abord, sous les aisselles, la corde simple que B laissera filer peu à peu. Puis il saisit à deux mains la corde double et, les pieds posés à plat sur le roc, le corps presque en équerre, il descend par la force des bras.
De semblables exercices valent toutes les leçons de technique alpine, et les débutants qui les auront tentés ne s'effraieront pas des plus difficiles passages des cimes célèbres.
Georges Casella.
Phot. de Givenchy.
LA SAISON.--Fin d'après-midi au Polo de Bagatelle.
C'est par une de ces douces fins d'après-midi, où il est si plaisant de prolonger jusqu'au repas du soir l'heure du thé au Bois, propice aux légers entretiens et aux rencontres élégantes... Entre tous les «rendez-vous» de bonne compagnie, le Polo de Bagatelle, près de Longchamp, s'offre comme un des plus choisis. Tandis que, sur le vaste tapis gazonné réservé au jeu, se poursuit, parmi les galopades et les coups de maillet, une rude partie, de paisibles groupes errent le long de l'allée de sable fin, ou s'attablent sous les arbres, opposant, en contraste au sport violent qui emplit la pelouse d'alertes chevauchées, leur grâce indolente. Car l'endroit, aristocratique et discret, est de ceux que la Mode a consacrés et où une Parisienne habituée des réunions mondaines aime à paraître, sinon pour se passionner aux péripéties d'un beau match, du moins pour goûter le plaisir, toujours nouveau, d'être vue, et admirée...
NOS BONS PETITS ÉLÈVES DU MAROC.--Les lauréats de la
distribution des prix à l'école franco-arabe de Casablanca.
Si la France est obligée encore, dans toute une partie du Maroc, d'achever par les armes sa prise de possession, elle n'a pas attendu longtemps, dès que la sagesse des indigènes lui en a laissé la latitude, pour leur prodiguer, dans les régions qu'elle occupe en paix, les bienfaits de sa culture, et la gravure ci-dessus constitue une heureuse antithèse à celle qui montre, d'autre part, nos soldats à l'action. C'était la première fois qu'il était procédé, à l'école franco-arabe de Casablanca, à une «distribution solennelle des prix». La cérémonie, présidée par M. le comte de Saint-Aulaire, délégué à la résidence générale, autour duquel avaient pris place le général Ditte, M. Loth, directeur de l'enseignement, le pacha de Casablanca et tous les notables, fut suivie par la plupart des parents des élèves, assez étonnés, sans doute, à la vue de leurs enfants les bras chargés de livres aux reliures voyantes et le front ceint de couronnes dorées. Ah! si quelques émissaires des farouches Tadla, Béni M'Tir ou Zaer avaient pu se mêler à leurs groupes et contempler, comme eux, ce diplomate, représentant de la France, ces officiers complimentant gravement, affectueusement, ces bambins aux yeux éveillés dans des masques de bronze, quelles réflexions n'eussent-ils pas faites! Avant de venir récompenser de leur application ces petits Arabes, M. de Saint-Aulaire avait présidé à une autre solennité, plus semblable à celles que nous voyons se dérouler chez nous à pareille époque, avec la foule des garçons et des fillettes anxieux et béants devant les tables lourdes de volumes scintillants d'or: c'était la distribution des prix aux élèves des écoles françaises. Mais, pour être moins pittoresque que l'autre, et ne pas présenter le même contraste, elle n'en était pas moins frappante, pour ceux-là surtout qui l'année précédente avaient vu, groupés autour de leurs maîtres, deux cents enfants, et qui en voyaient, cette fois, quinze cents,--tant cette ville de Casablanca se développe avec rapidité, tant l'oeuvre française y progresse à pas de géant.
Une charge impressionnante de 30.000 boy-scouts, après la
revue passée à Birmingham par le prince Arthur de Connaught.