CHEZ LES BOY-SCOUTS ANGLAIS

Les Anglais, qui furent nos maîtres en matière de «scoutisme», possèdent une véritable petite armée d'éclaireurs, alerte, bien exercée, pleine de vaillance et d'entrain; la semaine dernière, elle a eu les honneurs d'une inspection passée par le prince Arthur de Connaught, en présence de son chef, le général sir R. Baden-Powell. C'est près de Birmingham, à Perry Hall Park, qu'a eu lieu, samedi, la revue de ces jeunes troupes, qui ne comprenaient pas moins de 30.000 boy-scouts, venus de toutes les parties de l'Angleterre; une délégation internationale, où figuraient des représentants de la France, qui furent particulièrement fêtés, s'était jointe à eux. Après avoir manoeuvré devant leur auguste visiteur, ils lui donnèrent le spectacle d'une charge générale: et ce fut une vision impressionnante que celle de tous ces jeunes garçons se précipitant, en une bruyante mêlée, drapeaux en tête, puis s'arrêtant soudain, au commandement, après une course éperdue...

UN CADEAU DE GUILLAUME II A LA NORVÈGE

La statue colossale du héros Scandinave
Fridthjof, offerte aux Norvégiens par
l'empereur d'Allemagne.

--Phot. Conrad Hünich.

L'empereur d'Allemagne, qui fait chaque été, depuis nombre d'années, une croisière sur les côtes de Norvège, a pris peu à peu ce pays en affection particulière. Si bien qu'il lui envoie un présent peu commun; ce n'est rien de moins que la statue colossale du légendaire héros Scandinave Fridthjof, qu'il destine à être érigée en vue de la mer,--souvenir d'un monarque ami des choses de la mer à un peuple de navigateurs. Ce Fridthjof, qui est loin dans la pénombre de l'histoire norvégienne, en reste la plus grande figure, parce que les Scaldes l'ont chanté. Il est pour les Norvégiens ce que sont pour les Grecs les guerriers de l'Iliade. C'est un vaillant comme Achille ou Ajax; mais ses poètes anciens ou nouveaux--le dernier en date Esaïas Tegner au commencement du dix-neuvième siècle--ont célébré non moins que le guerrier l'amant passionné et fidèle. La saga de Fridthjof n'est pas seulement une chanson de gestes, c'est un poème d'amour, et les Scandinaves placent Fridthjof et son Ingeborg près de Tristan et d'Iseult. De Scandinavie, les récits de ses aventures et de ses amours traversées ont passé en Allemagne: elles y sont, on peut le dire, vivantes et populaires. Aussi l'idée est-elle venue tout naturellement à Guillaume II d'offrir aux Norvégiens cet hommage à une sorte d'ancêtre héroïque commun aux deux nations.

Notons encore que Fridthjof a fourni à un compositeur français, M. Théodore Dubois, le sujet d'une oeuvre non représentée, mais dont l'ouverture a été souvent exécutée dans nos concerts symphoniques.

La statue de Fridthjof est l'oeuvre d'un des plus renommés sculpteurs d'Allemagne: le professeur Max Unger. Voici quelques-unes des mesures: elle a 12 mètres de haut; son poids est de 14.000 kilos; le pouce de la main droite a la longueur d'un bras d'homme; les pieds ont 1 m. 70 de longueur; un enfant debout contre l'un des pieds en dégage à peine la cheville. Ce colosse se dressera sur un promontoire qui domine le Sognefjord, près de Bergen.

Fondue en plusieurs parties, la statue a été assemblée pour la première fois la semaine dernière à Berlin où elle a été exposée pendant quelques jours. Puis elle a été démembrée et envoyée au cours de cette semaine à Hambourg, d'où elle sera embarquée pour Bergen. Elle doit être érigée sur l'emplacement choisi pour le 31 juillet. L'inauguration aura lieu en présence de l'empereur Guillaume II, qui offrira en personne son souvenir au roi Haakon et à la nation norvégienne.

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