Comme, d'ailleurs, un bonheur n'arrive jamais seul, depuis ce jour, la porte de miss Markham est assiégée par les directeurs de théâtres, grands et petits, qui mettent aux pieds de la délaissée des ponts d'or. Miss
Markham fait assez bon marché de ces richesses. Ce qu'elle ambitionne, c'est de se consacrer au grand art, de ne monter désormais que sur des «scènes consacrées». Legitimate stages.
UN HOMMAGE A LA GRACE
Un monument au corps de ballet de Copenhague:
le Puits des Danseuses. Phot. J. Lourberg.
Rome n'est plus dans Rome...
Depuis des années les Danois nous enlèvent, à prix d'or, avec un très sûr discernement et un goût rare, les plus belles productions de notre art national. Tout récemment, encore, ils achetaient et emportaient plusieurs des oeuvres les plus illustres de l'admirable Carpeaux. Or, les voilà qui, reprenant pour leur compte les aimables traditions de notre dix-huitième siècle, viennent d'ériger à Copenhague, ville accueillante entre toutes, dans le parc du château de Rosenborg, un monument à la Grâce.
C'est le «Puits des Danseuses», futile et charmant objet d'art, vain comme tous les bibelots,--car on n'imagine pas les ménagères des environs y venant puiser: mais le sculpteur n'a plus guère, dans notre société moderne, d'occasions de vouer son talent à embellir des oeuvres d'utilité.
L'auteur du «Puits des Danseuses», M. Rudolph Tegner, s'est souvenu qu'il était du pays de Thorwaldsen. Et il a fait, à son tour, «de l'antique modernisé». Ses trois figures, drapées légèrement, ont du mouvement et, sans faire oublier le Génie de la Danse, ni quelques autres figures ballantes, doivent être plaisantes à voir, dans l'air subtil du nord.