Cap. Marinkovitch. Col. Fournier, A. de Penennrun. Cap.
Stoïanovitch. Au quartier général du prince Alexandre de Serbie: le
colonel Fournier et trois camarades de promotion de l'École de guerre.

Les officiers de l'état-major avaient poussé l'amabilité jusqu'à retarder l'heure habituelle du repas pour nous permettre de le prendre en leur compagnie. Mais à peine avais-je mis le pied en dehors de l'auto qui nous transportait, Réginald Kann et moi, que je me trouvais serré vigoureusement dans les bras de deux officiers me saluant des plus vives exclamations de surprise: c'étaient mes anciens camarades de promotion d'École de guerre, les capitaines Stoïanovitch et Marinkovitch, qui n'en revenaient pas de me voir au milieu d'eux. L'impression première de cordialité ne s'en atténue pas, bien au contraire, d'autant que je vois arriver notre très distingué attaché militaire à Belgrade, le colonel Fournier, qu'une faveur spéciale du roi a autorisé, seul parmi tous les autres attachés, à suivre de près les opérations, en accompagnant l'armée du prince royal. Une si précieuse exception pour le représentant officiel de l'armée française prouve, mieux que tout, l'extrême sympathie, dont--depuis le roi, ancien soldat de la France, jusqu'au dernier de ses sujets--est animé le peuple serbe à notre égard.

Nous arrivons au quartier général de Son Altesse Royale le prince Alexandre, un peu comme les carabiniers, c'est-à-dire après la bataille. Il faut nous consoler en allant cueillir sur les champs des combats de la Bregalnitza les miettes de l'histoire.

... Et d'abord, tout en ne ménageant pas mon estime au haut commandement des armées du roi Pierre, en particulier à l'homme remarquable que paraît être le maréchal Poutnik, j'ai eu, depuis Belgrade jusqu'ici, cent occasions d'être frappé de l'admirable matière «homme» que constitue le soldat serbe.

L'homme consent à «se faire tuer», à souffrir... Le commandement sait «vouloir»... Abnégation de l'exécutant, énergique volonté du chef: le secret de la victoire est là!

Cependant, il pourrait paraître étrange que je semble dénier à leurs adversaires des qualités que, l'automne passé, j'affirmais être également l'apanage de l'armée bulgare. C'est précisément parce que cette dernière n'est plus telle que je l'ai connue pendant la campagne de Thrace que son sort paraît se trouver aussi cruellement compromis. Et mon opinion à ce sujet a trouvé de précieuses confirmations dans une conversation fort longue que j'ai eu le très grand honneur d'avoir avec S. A. R. le prince Alexandre.

[(Agrandissement)]

Front atteint le 30 juin (soir) par les Bulgares et attaques des 1er et 2 juillet des armées serbes. Attaques des 3 et 4 juillet de la Ire armée serbe; des 6, 7 et 8 juillet de la IIIe armée.

Croquis de A. de Penennrun.