Entre les wagons broyés et la locomotive du train tamponneur.
LA CATASTROPHE DE MELUN
Une horrible catastrophe s'est produite mardi dernier, sur le réseau P.-L.-M., aux abords de la gare de Melun. A 9 heures et demie du soir, le train-poste n° 11, se dirigeant sur Marseille, a été pris en écharpe par le rapide de sens inverse qui arrive à Paris à 10 heures du soir.
Notre plan schématique permet de se rendre compte des circonstances de l'accident.
Schéma montrant comment s'est produite la rencontre entre
le rapide n° 2 venant de Marseille et le train postal n° 11 venant de Paris.
Les six voies dont dispose le réseau P.-L.-M. à la sortie de Paris se réduisent à quatre au delà de Villeneuve-Saint-Georges. Ces quatre voies se divisent en deux groupes comprenant chacun une voie montante et une voie descendante. Un des groupes (figuré dans la partie supérieure de notre schéma) constitue ce qu'on appelle couramment «la grande ligne»; passant par Melun, Fontainebleau, Moret, il est affecté au service des trains rapides. L'autre groupe, passant par Corbeil, vient se rapprocher du premier aux abords de Melun; il prend ensuite la direction d'Héricy pour rejoindre la grande ligne à Montereau.
Des voies de croisement établies près de la gare de Melun permettent de faire bifurquer les trains d'un groupe de voies sur un autre. C'est au point de bifurcation que la collision s'est produite.
Le train-poste pris en écharpe est un train régulier dont l'itinéraire est toujours le même. En quittant Paris, il suit d'abord la grande ligne puis, pour la dégager, il bifurque devant Melun sur la ligne de Corbeil. Il doit pour cela couper à niveau la voie descendante par laquelle arrivent les rapides de Marseille.