Ici s'arrêtent les notes de M. Roux qui nous sont actuellement parvenues. Le dimanche 9 novembre, à 4 heures du soir, par un temps radieux, l'avion français atterrissait à l'aérodrome de Safrakeuy, près de San Stefano, presque en même temps que Osman Noury bey, un des trois officiers ottomans partis à sa rencontre.

Au premier rang de la foule nombreuse qui attend nos compatriotes depuis le matin, on remarque: Mme Bompard, femme de l'ambassadeur de France; le ministre de l'Intérieur; le préfet de Constantinople; notre éminent confrère Ahmed Ihsan, maire de Péra, directeur-propriétaire du journal illustré Servet-I-Funoun, etc. La réception est triomphale, et, durant les quatre jours que les voyageurs passeront à Constantinople, ils seront fêtés avec une égale cordialité par la colonie française et par les autorités turques.

Daucourt et son compagnon ont quitté San Stefano le 15 novembre. Après avoir survolé la Corne d'Or, ils franchissent le Bosphore et entrent en Asie par Scutari. Ils suivent la côte de la mer de Marmara, passent à Ismid, l'antique Nicodémie, et atterrissent à Adabazar, à 150 kilomètres de leur point de départ.

La partie la plus scabreuse du voyage va commencer. Après un crochet sur Brousse, nos voyageurs vont se diriger sur Koniah, Alexandrette, Beyrouth. Jérusalem, Port-Saïd. Outre qu'ils auront à franchir le massif du Taurus, ils aborderont des régions offrant peu de ressources pour un aviateur, et où il sera malaisé de se diriger. Nous pouvons néanmoins, maintenant, croire fermement au succès final.

LE VOYAGE AÉRIEN PARIS-LE CAIRE.--Arrivée du monoplan parti de Paris sur le champ d'aviation de Safrakeuy, près de Constantinople. A droite, atterrissage d'un monoplan monté par un officier turc qui était allé au-devant des aviateurs français.
--Phot. comm. par M. Beguin-Billecocq.

Fez au milieu de ses jardins.

LE MAROC QU'IL FAUT VOIR

II