LE RÉGENT DE BAVIÈRE DEVIENT ROI.--Réception solennelle
dans la salle du trône au palais de Munich.
Phot. Obergassner.
Munich, le 12 novembre dernier, était en fête. Une fiction, pénible pour un peuple, prenait fin. Peu de jours avant, la folie du malheureux roi Othon, qui, depuis dix-sept ans, «régnait» en théorie sur la Bavière, avait été reconnue officiellement incurable. Le régent, le prince Louis, était proclamé roi par le Landtag et c'était son avènement que célébrait la capitale bavaroise.
Les fêtes commencèrent par un service religieux célébré dans toutes les églises. Le nouveau roi Louis III, la reine et la cour, se rendirent en carrosses de gala à la cathédrale où eut lieu une messe solennelle. Après l'office, les souverains regagnèrent le palais, au bruit des salves d'artillerie, et au milieu des acclamations de la foule. Sur la Marienplatz, ils furent salués par le bourgmestre et les autorités municipales. L'après-midi, dans la grande salle du trône au palais royal, les souverains, le roi en uniforme --silhouette populaire à Munich, avec sa barbe blanche et ses lunettes d'or--la reine en manteau royal, reçurent les hommages des Chambres et des corps de l'État. Ainsi finit, pour la Bavière, le règne des rois fous. Othon Ier, le lamentable reclus du château de Fürstenried, conserve d'ailleurs le titre souverain et les vains honneurs attachés à son rang.
Les Japonaises d'hier: chez «Madame Chrysanthème».
LES FEMMES NOUVELLES DU JAPON
Atarashiki Onna, les femmes nouvelles! On en parle beaucoup au Japon. Les magazines spéciaux, les graves revues, les quotidiens, s'attachent à définir leurs vertus ou à combattre leurs tendances. Si l'on en croit toute la littérature qu'a inspirée ce sujet si divers, les Japonaises traversent actuellement une période émouvante de leur histoire. Il n'est question que d'elles... Mais toutes ces polémiques servent-elles seulement à exercer la verve des publicistes nippons et des mignonnes authoresses ou bien marquent-elles une véritable évolution de la femme au Japon? Voilà ce qu'il s'agit de préciser.
Atarashiki est un adjectif qui signifie «nouveau» et, par extension: frais, agréable, d'une verdeur tendre et juvénile. Les partisans des femmes nouvelles le prononcent avec orgueil, indiquant par leur accent qu'une grande renaissance féminine commence. Au contraire, ceux qui ne croient pas aux femmes nouvelles ont l'air d'accoupler deux mots qui jurent en disant dédaigneusement Atarashiki Onna, car les défenseurs de la vieille école se refusent à admettre qu'il y ait rien de changé et que les idées subversives de l'Occident aient à ce point bouleversé la société de leur pays.
Pourtant, ils devront se faire une raison. Il y a des féministes dans l'empire du Soleil Levant. N'exagérons rien! Ces féministes ne sont pas prêtes à revendiquer leurs droits par la bombe--comme leurs cousines célestes de Canton ou de Pékin--et elles n'empruntent point aux alliées britanniques ces méthodes violentes qui ont défrayé la chronique mondiale. A part deux ou trois clubs très restreints, le féminisme intégral est même inconnu au Japon. Tout au plus est-il permis de constater quelques trémoussements féministes qui ne manquent ni de coquetterie ni d'originalité.