Vingt-six gravures remmargées, dont sept grandes planches, accompagnent le texte qu'ont écrit pour L'Illustration M. Henry Boujon, secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts et membre de l'Académie française, et M. Emile Bertaux, chargé de cours à la Sorbonne et conservateur du nouveau musée.
La peinture des anciens maîtres est encore représentée dans notre album par deux oeuvres d'une grâce incomparable, et peu connues, puisqu'elles appartiennent à des collections privées, celles des barons de Bothschild de Londres et de Vienne: Le Baiser envoyé de Greuze, et un portrait intime de la Marquise de Pompadour par Boucher.
Parmi les artistes vivants, Marcel Baschet, de l'Institut, J. A. Muenier, Helleu, Edmund Dulac, Antoine Caïbet, Pierre Duménil, Mossa, F. Waldraff et Clément Mère ont apporté à L'Illustration--Noël de 1913 la plus brillante collaboration.
De Marcel Baschet, c'est un très séduisant profil de Jeune Fille au pastel; de J. A. Muenier, le Réveil, qui fut le succès du dernier Salon; de Paul Helleu, un admirable type d'American beauty.
Edmund Dulac, un des plus appréciés et le plus fidèle des collaborateurs de nos Noëls, a transposé cette année en savoureuses aquarelles des Chansons françaises du vieux temps: la Petite lingère, l'Amoureux transi, Cadet Rousselle, Ma Lison.
Pour célébrer la Jeunesse, et le passé où elle s'épanouissait librement, deux poètes se sont associés; les vers d'André Bivoire encadrant les aquarelles d'Antoine Calbet, c'est, en quatre pages, toute une évocation de la vie antique, des âges d'or.
Et voici, en contraste, les Deux Notre-Dame, Paris et Chartres, les admirables cathédrales gothiques: à leur fervente célébration n'ont pas moins heureusement collaboré le pinceau habile de Pierre Duménil et la plume érudite de Péladan.
Dans ce numéro de Noël, il y a, enfin, un Conte de Noël: la Vierge Sarrasine. Ce récit, à la fois naïf et raffiné, est l'oeuvre d'un grand écrivain, Jules Lemaître. Et il est illustré, par Gustav Adolf Mossa, d'images précieuses comme des miniatures de missel.
Pour présenter L'Illustration-Noël de 1913, F. Waldraff et Clément Mère ont composé une couverture et un frontispice qui sont d'excellents exemples des recherches nouvelles en matière d'art décoratif.
Ainsi, du commencement à la fin de ce numéro, chaque page, chaque gravure, chaque ornement a été l'objet de soins attentifs. Le goût du grand public s'affine de plus en plus et ne supporte plus aucune médiocrité, aucune banalité. Nous avons voulu que rien de médiocre ou de banal ne s'introduisît dans l'ensemble que nous composions à l'intention de nos lecteurs. Nous croyons avoir réussi.