Nous continuons à progresser dans la Haute-Alsace. Nos troupes débouchent sur la Seille, occupant tour à tour Château-Salins et Dieuze, puis, à la fin de la journée, Delme et Morhange. Enfin Mulhouse est repris.
A Florenville (Belgique), on signale une rencontre de cavalerie heureuse pour les nôtres.
Belgique.--La reine des Belges et ses enfants, ainsi que le gouvernement et le corps diplomatique, quittent Bruxelles pour Anvers, considérée comme imprenable. Bruxelles demeure bien défendue.
Des forces allemandes très importantes franchissent la Meuse entre Liége et Namur.
LA LETTRE DU TAMBOUR
(Voir notre gravure de première page.)
L'étape a été dure. On marche vers le front. On a hâte d'y être. On y sera tout à l'heure... En attendant, on se repose. On bavarde gaiement, ou l'on sommeille à côté des faisceaux. Le tambour, lui, s'est dit qu'il avait mieux à faire que de bavarder ou de dormir, et que, puisqu'il est un des rares hommes de la compagnie qui ait une table à écrire à sa disposition, c'est bien le moins qu'il en profite. Et il s'est assis devant sa table à écrire... C'est la «caisse» qui n'a jamais «battu» que des rassemblements et des marches, et qui, dans quelques heures peut-être, battra la charge heureuse, la victorieuse course à l'ennemi.
Pour l'instant, ce ne sont pas les baguettes d'ébène qu'y promène la main du petit soldat; mais un bout de crayon, qui va faire aussi, lui, d'utile besogne, puisqu'il aura porté un instant de réconfort et de joie aux coeurs de «ceux qui sont restés», et qui pleurent.