La situation n'est pas moins bonne du côté de la Russie. Si elle est stationnaire en Prusse orientale, où les Allemands ont amené d'importants renforts prélevés sur les troupes que nous combattions, les corps allemands et autrichiens qui avaient pénétré en Pologne russe jusqu'aux environs de Lublin ont été énergiquement refoulés et battent en retraite. Les Autrichiens qui, au Sud, défendaient la Galicie, après avoir été écrasés aux environs de Lemberg, s'étaient retirés jusqu'à une ligne allant de Rawa-Ruska au Dniester. Ils ont lutté désespérément, mais vainement, contre les attaques acharnées des Russes.

Des télégrammes officiels du quartier général des armées du tsar, transmis de Pétrograd, annoncent que, du 10 au 12 septembre, elles ont pris 94 canons et fait 30.000 prisonniers. La grande bataille de la Galicie, à laquelle deux millions d'hommes (comme à la bataille de la Marne), prirent part, et qui a duré 17 jours, finit donc par la victoire complète de nos alliés.

Blessé allemand et turco sur le terrain d'un combat près de Meaux.

Au Sud de l'Autriche, nous ne devons pas oublier les Serbes et les Monténégrins qui, dans la croisade générale entre les deux empires germaniques, jouent un rôle qui est loin d'être négligeable. Les troupes serbes, franchissant la Save, ont pénétré en Hongrie par quatre points: Semlin, en face de Belgrade; Obrenovatz, Chabatz et Mitrovitza. Ils ont envahi le territoire bosniaque à Lonitza et Vichegrad. Tous ces mouvements sont dirigés vers Sarajevo, capitale de la Bosnie, pays de langue et d'aspirations serbes; ils se combinent d'ailleurs avec une offensive des troupes monténégrines, qui occupent déjà Fotcha sur la Drina.

D'autre part, les Monténégrins envahissent seuls l'Herzégovine, pays fortement attaché au Monténégro par ses traditions nationales.

Comment ne serait-on pas plein d'espoir dans le résultat final? Les deux empires allemands, encerclés, ne pouvaient se sauver que par une défaite prompte et écrasante de notre armée, défaite qui leur eût permis de se retourner contre leurs autres adversaires. Mais voilà qu'au contraire notre armée victorieuse repousse l'envahisseur qui, aujourd'hui, a mis en ligne toutes ses forces, tandis que de nouvelles troupes anglaises, indiennes, canadiennes et égyptiennes vont se joindre aux nôtres.

Nous avons la mer et par conséquent les ressources du monde entier: nos affaires sont en bonne voie: nous trouverons de l'argent, des vivres, des munitions, tout ce qu'exige la guerre. Nous avons l'appui de toutes les nations, excédées du germanisme: comment n'aurions-nous pas le succès définitif?


Parisiens guettant la venue d'un nouveau Taube au-dessus de la place de la Concorde.

Une station de charrettes à bras pour remplacer les autos-taxis, gare Saint-Lazare.

PARIS PENDANT LA BATAILLE