Voilà comment nos ennemis nous font la guerre, au nom de leur civilisation barbare, au nom de la plus grande Germanie. Peuple imbécile, autant que féroce, qui, n'existant que par la guerre et pour la guerre, trouve encore le moyen de la déshonorer, avec lui.
Emile Henriot.

LE GÉNÉRAL DE CASTELNAU

(Voir notre gravure de première page.)

Un décret vient d'élever le général de division de Curières de Castelnau, commandant l'armée de Lorraine, à la dignité de grand-officier de la Légion d'honneur. Les quelques lignes qui, au Journal officiel, justifient cette récompense éminente ont, dans leur concision, la beauté d'une inscription lapidaire:

«Depuis le commencement de la guerre, disent-elles, son armée n'a pas cessé de combattre et il a obtenu des résultats importants. Le général de Castelnau a eu deux de ses fils tués, et un troisième blessé. Il n'en a pas moins continué à exercer son commandement avec énergie.»

Et le télégramme de félicitations adressé par le général Joffre à son fidèle et précieux collaborateur est le seul commentaire qu'on puisse se permettre de donner à ce bref «exposé des motifs»:

«Depuis près d'un mois, écrivait le généralissime, l'armée que vous commandez a combattu presque tous les jours et a montré des qualités remarquables d'endurance, de ténacité et de bravoure.

»Quelque difficiles qu'aient été pour vous les circonstances, vous avez réussi à vous maintenir sur les hauteurs du Grand Couronné, à repousser les attaques furieuses lancées contre vous et à empêcher l'ennemi de pénétrer dans Nancy.

«Je tiens à vous exprimer ma sympathie et vous prie de la transmettre aux troupes placées sous vos ordres.»