LES PRISONNIERS DE GUERRE ALLEMANDS.—Un millier de soldats de toutes armes, capturés par les Anglais.
LES BONS MOMENTS DE NOS BLESSÉS.—La lecture du journal, par une infirmière, dans le jardin de l’hôpital de Saint-Maixent.
ÉPISODE DE BATAILLE
Sous les murs du château de Mondement: infanterie française contre garde prussienne.
Dessin de M. H. W. Koekkoek, d’après un croquis de M. Frédéric Villiers.
M. Frédéric Villiers, artiste correspondant de guerre de notre confrère anglais The Illustrated London News, a pu noter sur place un des épisodes les plus dramatiques de la bataille de la Marne. A 10 kilomètres de Sézanne, l’antique château de Mondement se dresse fièrement sur un mamelon d’où l’on domine les marais de Saint-Gond et la vaste plaine fermée au loin par la silhouette indécise de l’Argonne. L’importance stratégique de cette position était telle qu’au cours de la journée où s’effectua la retraite définitive des Allemands les deux armées se la disputèrent avec un acharnement extraordinaire. Nos troupes, qui l’occupaient d’abord, en furent délogées deux fois; fortement appuyées par l’artillerie, elles livrèrent un dernier assaut à la baïonnette, et, entrant par les fenêtres, trouvèrent le dîner servi pour les officiers allemands qui n’avaient point prévu ce retour offensif. Dans sa traduction exacte de ce que dut être la lutte, notre dessin fait revivre une de ces mêlées sauvages, héroïques, qui se livraient sous les donjons du moyen âge. L’incendie, les trous d’obus semblent peu de chose à côté d’un si terrible corps à corps, et cet épisode de la grande bataille est d’autant plus glorieux pour nos armes qu’on y vit la garde prussienne enfoncée par deux régiments de ligne, dont un de l’armée de réserve.