L’armée néerlandaise, mise sur pied de guerre et comptant plus de 300.000 hommes, veille sur le territoire du royaume et saura au besoin bravement le défendre.

Je vous serais très obligé, monsieur le directeur, si vous vouliez bien donner à ces lignes une place dans le prochain numéro de votre beau journal.

Agréez, monsieur le directeur, l’assurance de ma considération la plus distinguée.

Le ministre des Pays-Bas,

A. de Stuers.

Nous avons déjà, la semaine dernière, fait accueil à des protestations qui venaient de nous être adressées directement de Hollande, par des particuliers, sur le même sujet. La date tardive de ces diverses demandes de rectification nous avait d’abord paru inexplicable: mais nous avons appris que nos numéros du mois d’août n’ont pu être distribués ou mis en vente dans les Pays-Bas que tout récemment. De là l’émotion causée à la fin de septembre par une phrase et une carte publiées près de deux mois auparavant, et qui n’avaient fait que reproduire, sans insister, sans incriminer le moins du monde le gouvernement des Pays-Bas, les premières informations données par la presse sur l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes.

Nous avons été heureux d’apprendre depuis que la neutralité néerlandaise avait été mieux respectée par l’Allemagne que les neutralités luxembourgeoise et belge. Nous le sommes encore plus aujourd’hui de constater avec quelle énergie nos lecteurs de Hollande, et le représentant lui-même de S. M. la reine Wilhelmine, déclarent que leur pays entend observer et maintenir une neutralité absolue, que saurait au besoin faire respecter l’armée néerlandaise, mise sur le pied de guerre et forte de plus de 300.000 hommes.

M. POINCARÉ AUX ARMÉES


M. Poincaré a accompli cette semaine l’un des plus solennels devoirs de sa charge. Accompagné de M. Viviani, président du Conseil, et de M. Millerand, ministre de la Guerre, il a quitté Bordeaux en automobile et s’est rendu au quartier général des armées françaises, où il s’est entretenu durant plusieurs heures avec le général Joffre. Il s’est ensuite fait conduire au quartier général anglais où l’a reçu le maréchal French. Enfin, le président de la République a visité deux de nos armées combattantes et le lendemain, avec M. Millerand et le général Galliéni, le camp retranché de Paris, plusieurs hôpitaux militaires et le cimetière de Bagneux.