Le chef de l’Etat, voulant exprimer publiquement la satisfaction que lui avait causée sa visite aux armées anglaises et françaises, a adressé au roi George V d’Angleterre un télégramme de félicitations en le priant de bien vouloir en faire donner connaissance aux vaillantes troupes britanniques. M. Poincaré a aussi félicité le ministre de la Guerre français dans une lettre éloquente, en l’invitant à transmettre ses félicitations au général Joffre et au général Galliéni. Ces lettres, qui seront lues aux troupes, leur apporteront le témoignage de l’admiration et de la reconnaissance de la nation tout entière.

Le président de la République, se rendant aux armées, part en automobile de sa résidence provisoire de Bordeaux, rue Vital-Carles: sur le seuil, Mme Raymond Poincaré. — Phot. E. Jacques.

En quittant Bordeaux, M. Poincaré avait emporté avec lui les six étendards allemands pris récemment à l’ennemi et les avait fait déposer à l’Elysée. Mercredi dernier, ils ont été transportés par une compagnie de la garde républicaine à l’Hôtel des Invalides. Chaque drapeau allemand était porté sur l’épaule, l’étoffe pendant vers le sol, par un sous-officier. Dans la cour d’honneur, le général Niox, commandant des Invalides, reçut les trophées, qui, remis aux vieux soldats aux moustaches blanches, furent transportés par eux dans la chapelle.

Le général Niox et les Invalides prennent livraison de six drapeaux enlevés aux régiments allemands, rapportés de Bordeaux par M. Poincaré.

QUAND NOS TROUPES FONT DES PRISONNIERS ALLEMANDS.
On les nourrit d’abord, s’ils se plaignent d’être affamés.