A l'église Saint-Jean-Baptiste, le doyen me fait visiter les dégâts: les obus ont plu ici comme ailleurs. Les voûtes sont percées à jour, les vitraux n'existent plus, la toiture est pulvérisée; cela n'empêche pas de songer à demain et une petite équipe d'ouvriers nettoie la nef.

Et des ruines, d'autres ruines! Des gens, hier riches, aujourd'hui ruinés, vont voir la place de leur foyer. Ils n'ont pas de colère, pas de larmes; ils regardent, fouillent dans les décombres pour essayer de retrouver quelque chose, et puis, incapables de persévérance, ils s'en vont, plus fatalistes encore. Ce qui doit être anéanti périt à son jour.

Dans le quartier de la gare j'ai vu, sur l'emplacement d'un grand immeuble, douze cheminées que les bombes et l'incendie ont respectées. Elles sont accrochées comme des nids et, sur certaines d'entre elles, des cafetières sont encore posées. Près de l'une, j'ai aperçu un réveille-matin.

Un peu plus loin, à l'endroit où passait la rue Saint-Géry, s'élevait un hôtel particulier dont il ne reste plus que la porte monumentale qui encadre dans le lointain des colonnes et des frontons. On dirait une riche villa de Pompéi.

Et partout il y a des ruines, ruines de pauvres, ruines de riches, réunies aujourd'hui dans le sort commun; et partout s'étale cette épouvantable odeur d'incendie.

Des cheminées qui sont restées accrochées comme des nids.

Une ruine qui ressemble à celles des riches maisons de Pompéi.