An sit mortale quoties non simul conjuges semen consulte effundant.
Y a-t-il péché mortel quand les deux époux s'entendent pour empêcher la simultanéité de leur spasme respectif?
2° Parce que, en tout autre cas, les attouchements personnels sont défendus, ainsi qu'il résulte de l'alinéa ci-après de l'article 920 déjà en partie cité du Père Gury:
«Les attouchements sur soi-même en vue du plaisir vénérien en l'absence de l'autre époux, selon l'opinion de plusieurs, constituent un péché grave, parce que l'époux n'a pas le droit de se servir de son propre corps pour son plaisir, mais seulement pour l'acte conjugal. Saint Alphonse considère cette opinion comme plus probable et comme devant être suivie dans la pratique.»
Il n'est question nulle part dans le Kama Soutra des attouchements personnels. La facilité des moeurs doit les rendre très rares dans l'Inde, excepté pour ceux qui font voeu de chasteté. Mais comme les casuistes indiens croient ces derniers incapables d'aucune sorte d'incontinence, ils ont dû considérer les attouchements personnels comme une quantité négligeable.
N° 2—Opinion des médecins.
AMBROISE PARÉ
Dans son traité de la génération de l'homme (1573) Ambroise Paré conseille au mari de préparer sa femme afin que les deux semences se puissent rencontrer ensemble:
«L'homme étant couché avec sa compagne la doit mignardiser, chatouiller, caresser et émouvoir s'il trouvait qu'elle fut dure à l'éperon; et le cultivateur n'entrera dans le champ de nature humaine à l'estourdy, sans que premièrement n'ait fait ses approches afin qu'elle soit esguillonée et titilée tant qu'elle soit éprise du désir du masle et que l'eau lui en vienne à la bouche, afin qu'elle prenne volonté et appétit d'habiter et faire une petite créature de Dieu et que les deux semences se puissent rencontrer ensemble, car aucunes femmes ne sont pas si promptes à ce jeu que les hommes.»
Le Docteur Jules Guyot cite et appuie l'avis d'Ambroise Paré; Paul
Garnier le combat.