Le marquis, qui semblait tout pensif, s’écria soudain:
—Et ces deux hommes étaient si amis! Certainement quelque chose est venu les séparer.
Robledo dut forcer son regard pour l’empêcher de traduire la pitié et l’étonnement; il fit de la tête un signe affirmatif.
XI
Peu de temps après le lever du soleil, Moreno sortit de sa maison, mandé d’urgence par Canterac.
Il trouva l’ingénieur en train d’arpenter avec impatience son logement. Il avait déjà passé des bottes et une culotte de cheval. Son ceinturon garni d’un revolver et sa vareuse étaient posés sur une chaise.
Les manches de sa chemise entr’ouverte étaient retroussées et on voyait encore sur lui la trace toute fraîche de ses ablutions matinales.
Son visage était plus dur, plus autoritaire que les autres jours. Une idée tenace et importune semblait ancrée sous son front soucieux. Sur les meubles et dans tous les coins on voyait de nombreux paquets élégamment ficelés et cachetés dans leur enveloppe de papier fin.
On devinait que l’ingénieur avait mal dormi par la faute de cette idée dont il voulait faire part à Moreno. Celui-ci prit un siège et se prépara à écouter. Canterac resta debout et dit à l’employé tout en continuant sa promenade:
—Ce Pirovani est tout ce qu’il y a de plus vulgaire, mais il l’emportera toujours sur moi. Il est si riche!