—Je dois avoir un duel à mort avec le capitaine Canterac. Je suis venu vous trouver pour vous prier d’être mon témoin avec Moreno.
Robledo poussa des clameurs indignées en levant les bras au ciel pour donner plus de vigueur à sa protestation.
—Et vous croyez que je vais appuyer ces extra-vagances et me montrer aussi fou que vous ou que l’autre?
Il continua de s’élever contre l’absurde demande de Pirovani, mais l’Italien secouait la tête avec obstination. Depuis son entretien avec Hélène, il était résolu à tout.
—Je suis de naissance modeste, dit-il, je n’ai jamais su que travailler, mais je veux montrer à ce monsieur que je ne le crains pas, quelque habitué qu’il soit à manier les armes.
Robledo haussa les épaules en entendant ces mots qui lui semblaient stupides. Il se lassa enfin de protester sans résultat:
—Je vois qu’il est inutile d’essayer de vous rendre le bon sens... C’est bien, je consens à parler en votre nom, mais à la condition que vous me laisserez arranger les choses raisonnablement en évitant ce duel.
L’entrepreneur parut offensé et prit une attitude de dignité chevaleresque.
—Non; je veux le duel à mort. Je ne suis pas un lâche et je ne cherche pas des accommodements.
Puis il laissa voir sa vraie pensée: