Febrer n’osa pas nier. «Oui, c’était bien vrai. Et il ne voulait avouer la chose qu’à Toni seul.»
Le contrebandier fit un geste de répugnance, tandis que ses yeux, pourtant accoutumés à toutes les surprises, exprimaient un vif étonnement.
—Tu agis mal, Jaime; tu agis mal.
Il disait cela gravement, comme si une question d’une importance capitale était en jeu.
Le grand seigneur montra plus de confiance à cet ami-là qu’il n’eût osé en témoigner à aucun autre.
—Mais je suis complètement ruiné, mon cher Toni. Rien de ce qui est encore chez moi ne m’appartient. Si mes créanciers me respectent encore, c’est uniquement parce qu’ils comptent sur ce mariage.
Toni continuait à secouer la tête en signe de dénégation. Lui, le rude paysan, le contrebandier qui se moquait des lois, paraissait stupéfait de cette nouvelle.
—De toutes façons, tu agis mal. Tu dois te tirer d’affaire comme tu pourras, mais pas ainsi... Nous, tes amis, nous t’aiderons. Mais toi, épouser une chueta!...
Il prit congé de Febrer, en lui serrant vigoureusement la main, comme s’il le voyait marcher à la mort.
—Tu agis mal... penses-y bien, dit-il sur un ton de reproche. Tu agis mal, Jaime!