Note 24: Maximin Isnard (1751-1825), député du Var à la Législative, à la Convention et au Conseil des Cinq-Cents. Il fut, dans les deux premières de ces Assemblées, l'un des plus éloquents orateurs du parti de la Gironde. «L'homme du parti girondin, a écrit Charles Nodier, qui possédait au plus haut degré le don de ces inspirations violentes qui éclatent comme la foudre en explosions soudaines et terribles, c'était Isnard, génie violent, orageux, incompressible.» À la Législative, il s'était signalé par la véhémence de son langage contre les prêtres, il avait dit du haut de la tribune: «Contre eux, il ne faut pas de preuves!» À la Convention, il avait voté la mort du roi; mais, avant même la chute de la République, sa conversion religieuse et politique était complète; il ne craignait pas de se dire hautement catholique et royaliste. On lit dans une publication intitulée Préservatif contre la Biographie nouvelle des contemporains, par le comte de Fortia-Piles (1822): «Isnard a frémi de sa conduite révolutionnaire; ses crimes se sont représentés à ses yeux; le plus irrémédiable de tous, celui du 21 janvier, ne pouvait être effacé par un repentir ordinaire. Qu'a-t-il fait? En pleine santé, jouissant de toutes ses facultés, il s'est rendu en plein midi (et plus d'une fois) le jour anniversaire du crime, au lieu où il a été consommé; là il s'est agenouillé sur les pierres inondées du sang du roi martyr; il s'est prosterné à la vue de tous les passants, a baisé la terre sanctifiée par le supplice du juste, a mouillé de ses larmes les pavés qui lui retraçaient encore l'image de son auguste victime; il a fait amende honorable et a imploré à haute voix le pardon de Dieu et des hommes.»[(Retour au texte principal.)]

Note 25: Armand Gensonné, député de la Gironde à la Législative et à La Convention, né à Bordeaux le 10 août 1758, exécuté à Paris le 31 octobre 1793.—Jean-Pierre Brissot de Warville, député de Paris à l'Assemblée législative et député d'Eure-et-Loir à la Convention, né à Chartres le 14 janvier 1754, guillotiné le 31 octobre 1793. La dénonciation de Gensonné et de Brissot contre le prétendu comité autrichien eut lieu dans la séance du 23 mai 1792.[(Retour au texte principal.)]

Note 26: Le décret ordonnant la dissolution de la garde constitutionnelle du roi fut voté le 29 mai 1792.[(Retour au texte principal.)]

Note 27: Elle fut brûlée en 1580. Ch.[(Retour au texte principal.)]

Note 28: Jean-Paul Marat, membre de la Convention, né à Boudry (Suisse) le 24 mai 1743, mort à Paris le 14 juillet 1793.[(Retour au texte principal.)]

Note 29: Pierre-Gaspard Chaumette, né à Nevers le 24 mai 1763, guillotiné le 13 avril 1794. Fils d'un cordonnier, il n'exerça jamais lui-même cette profession. Son père lui avait fait commencer ses études, qu'il abandonna bientôt pour s'embarquer. Il fut successivement mousse, timonier, copiste et clerc de procureur. Il se faisait gloire d'être athée et déclarait «qu'il n'y avait d'autre Dieu que le peuple».[(Retour au texte principal.)]

Note 30: Benoît-Camille Desmoulins (1760-1794), député de Paris à la Convention.—Méot, qui avait ses salons au Palais-Royal, était le meilleur restaurateur de Paris. L'abbé Delille l'a célébré au chant III de l'Homme des Champs:

Leur appétit insulte à tout l'art des Méots.

Ses succulents dîners faisaient venir l'eau à la bouche de Camille Desmoulins, qui s'écriait, dès les premiers temps de la Révolution: «Moi aussi, je veux célébrer la République... pourvu que les banquets se fassent chez Méot.» (Histoire politique et littéraire de la Presse en France, par Eugène Hatin, tome V, p. 308).[(Retour au texte principal.)]

Note 31: Joseph Fouché, duc d'Otrante (1754-1820), membre de la Convention, membre du Sénat conservateur, représentant et pair des Cent-Jours, député de 1815 à 1816, ministre de la police sous le Directoire, sous Napoléon et sous Louis XVIII. Après avoir été professeur à Juilly, il était principal du collège des Oratoriens à Nantes, lorsqu'il fut envoyé à la Convention par le département de la Loire-Inférieure.—Chateaubriand lui trouvait l'air d'une hyène habillée; tout au moins avait-il l'air d'une fouine. On lit dans le Mémorial de Norvius (tome III, p. 318): «J'avais vu souvent à Paris le duc d'Otrante, et en le revoyant à Rome (à la fin de 1813), je ne pus m'empêcher de rire, me rappelant qu'étant à dîner à Auteuil, chez Mme de Brienne, avec lui et la princesse de Vaudémont, celle-ci, en sortant de table, le mena devant une des glaces du salon et, lui prenant familièrement le menton, s'écria: Mon Dieu! mon petit Fouché, comme vous avez l'air d'une fouine!»[(Retour au texte principal.)]