Note 97: «D'ailleurs ma santé, dérangée par de longs voyages, beaucoup de soucis, de veilles et d'études, est si déplorable, que je crains de ne pouvoir remplir immédiatement la promesse que j'ai faite concernant les autres volumes de l'Essai historique.»[(Retour au texte principal.)]

Note 98: Essai historique, livre premier, première partie, introduction, p. 4 de la première édition.[(Retour au texte principal.)]

Note 99: Jean Gabriel Peltier (et non Pelletier, comme on l'a imprimé jusqu'ici dans toutes les éditions des Mémoires) était né le 21 octobre 1765 à Gonnor, arrondissement de Beaupréau (Maine-et-Loire). Il fut le principal rédacteur des Actes des Apôtres. Après le 10 août, réfugié en Angleterre, il publia, en deux volumes in-8o, le Dernier Tableau de Paris, ou Précis historique de la révolution du 10 août et du 2 septembre, des causes qui l'ont produite, des événements qui l'ont précédée et des crimes qui l'ont suivie. En 1793, il fit paraître son Histoire de la Restauration de la Monarchie française, ou la Campagne de 1793, publiée en forme de correspondance. Désabusé, mais non découragé par la retraite des Prussiens, il continua de harceler la République dans son Tableau de l'Europe pendant 1794 (deux volumes in-8o). Comme il était avant tout polémiste, et que le journal pouvait être entre ses mains une arme plus puissante que le livre, il fonda à Londres une feuille périodique intitulée Paris, dont les 250 numéros parus de 1795 à 1802 ne forment pas moins de trente-cinq volumes in-8o. Ce vaste recueil renferme beaucoup de documents que les journaux français du temps n'auraient pu ou voulu accueillir. Il est à regretter qu'aucun des historiens du Directoire et du Consulat n'ait cru devoir y puiser. À la fin de 1802, il fit succéder à son Paris un nouveau recueil, l'Ambigu ou Variétés littéraires et politiques, publié les 10, 20 et 30 de chaque mois. Interrompu seulement pendant les trois premiers mois de 1815 et repris pendant les Cent-Jours, pour s'arrêter seulement en 1817, le second journal de Peltier comprend plus de cent volumes. Les premiers numéros de l'Ambigu eurent le don d'irriter à ce point le Premier Consul, alors en paix avec l'Angleterre, qu'il réclama l'expulsion de Peltier, ou, à tout le moins, son renvoi devant un jury anglais. Traduit devant la cour du Banc du Roi, et défendu par sir James Mackintosh, dont le plaidoyer est resté célèbre, Peltier fut condamné, le 21 février 1803, à une faible amende, peine dérisoire dans un semblable débat. Une souscription, couverte aussitôt qu'annoncée, convertit en triomphe la défaite du journaliste. Le résultat le plus clair de ce procès retentissant fut de rendre européen le nom de Peltier. Marié à l'une des élèves les plus distinguées de l'abbé Carron, il tenait à Londres un grand train de maison et dépensait sans compter. De là bientôt pour lui un grand état de gêne, si bien qu'un jour il fut tout heureux et tout aise d'être nommé par Christophe, le roi nègre d'Haïti, son chargé d'affaires auprès du roi d'Angleterre. Les plaisants dirent alors qu'il avait passé du blanc au noir. Le mot était joli, et Peltier fut le premier à en rire, d'autant que son roi nègre lui expédiait, en guise de traitement, force balles de sucre et de café, dont la vente, évaluée à deux cent mille francs par an, lui permit de faire bonne figure jusqu'à la Restauration. Il vint alors en France; mais comme il trouvait Louis XVIII trop libéral et n'avait pu se tenir de diriger contre lui quelques épigrammes, il reçut un accueil très froid et retourna à Londres. Là, une autre déception l'attendait. Une de ses épigrammes contre le roi de France, qui atteignait par ricochet le roi d'Haïti, fut envoyée par l'abolitionniste Wilberforce à Christophe, qui, dans son mécontentement, retira au malheureux Peltier, avec ses pouvoirs, son sucre et son café. Revenu définitivement en France en 1820, il vécut encore quelques années, pauvre, mais inébranlablement fidèle, et mourut à Paris le 25 mars 1825.—Peltier est une des plus curieuses figures de la période révolutionnaire, et il mériterait les honneurs d'une ample et copieuse biographie.[(Retour au texte principal.)]

Note 100: Une des premières brochures de Peltier, publiée au mois d'octobre 1789, avait pour titre: Domine, salvum fac regem. Peltier y dénonçait le duc d'Orléans et Mirabeau comme les principaux auteurs des journées des 5 et 6 octobre.[(Retour au texte principal.)]

Note 101: François-Dominique Reynaud, comte de Montlosier (1755-1838). Après avoir fait partie de la Constituante, où il siégeait au côté droit, il avait émigré à la fin de la session, avait fait la campagne de 1792 à l'armée des princes, puis était passé à Hambourg, d'où il vint à Londres en 1794. Il devint alors le principal rédacteur, non du Courrier français, mais du Courrier de Londres, et fit la fortune de ce journal, qui avait été fondé par l'abbé de Calonne. Sous le Consulat, il voulut continuer à Paris la publication de sa feuille, qui prit alors le titre de Courrier de Londres et de Paris, mais elle fut, après quelques numéros, supprimée par la censure.—Nous retrouverons plus tard, au cours de ces Mémoires, le comte de Montlosier.[(Retour au texte principal.)]

Note 102: «M. de Chateaubriand m'a montré la maison où se passa ce triste drame d'un suicide ébauché: «Là, me dit-il, mon ami a voulu se tuer, et j'ai failli mourir de faim.» Puis il me faisait remarquer en souriant son lourd et brillant costume d'ambassadeur, car nous allions à Carlton-House, chez le roi.» (Chateaubriand et son temps, par le comte de Marcellus, p. 99).[(Retour au texte principal.)]

Note 103: Charles-Louis-François de Barentin (1739-1819). Ce fut lui qui, comme garde des sceaux, ouvrit les États-Généraux le 5 mai 1789. Dénoncé par Mirabeau, dans la séance du 15 juillet, comme ennemi du peuple, il émigra et ne revint en France qu'après le 18 brumaire.[(Retour au texte principal.)]

Note 104: Douze mille francs seulement, d'après son secrétaire, M. de Marcellus, qui tenait les comptes de l'ambassade; mais on sait de reste, que Chateaubriand ne comprit jamais rien aux chiffres de ménage.—Voir Chateaubriand et son temps, p. 99.[(Retour au texte principal.)]

Note 105: William Camden (1551-1623), surnommé le Pausanias et le Strabon anglais. Il avait rassemblé un nombre considérable de manuscrits du moyen âge, qui composent ce qu'on appelle encore aujourd'hui la Collection Camden.[(Retour au texte principal.)]

Note 106: Le chevalier de Champcenetz (1759-1794) fut le principal rédacteur des Actes des Apôtres. Il écrivit aussi dans le Petit Journal de la Cour et de la Ville, et, de concert avec Rivarol, publia en 1790 le Petit Almanach des grands hommes de la Révolution. Ayant quitté Paris après le 10 août, il eut l'imprudence d'y revenir, fut arrêté et traduit, le 23 juillet 1794, devant le tribunal révolutionnaire. Quand le président eut prononcé sa condamnation à mort, il se leva, et, le sourire aux lèvres: «Citoyen président, dit-il, est-ce ici comme dans la garde nationale, et peut-on se faire remplacer?»[(Retour au texte principal.)]