Note 202: Chateaubriand, à cette date, était à la lettre, sans le sou. Le 30 juillet 1800, il écrivait à Fontanes:

«Je vous envoie, mon cher ami, un Mémoire que de Sales m'a laissé pour vous:

«Rendez-moi deux services; «Donnez-moi d'abord un mot pour le médecin. «Tâchez ensuite de m'emprunter vingt-cinq louis.

«J'ai reçu de mauvaises nouvelles de ma famille, et je ne sais plus comment faire pour attendre l'autre époque de ma fortune, chez Migneret. Il est dur d'être inquiet sur ma vie pendant que j'achève l'œuvre du Seigneur. Juste et belle Révolution! Ils ont tout vendu. Me voilà comme au sortir du ventre de ma mère, car mes chemises même ne sont pas françaises. Elles sont de la charité d'un autre peuple. Tirez-moi donc d'affaire, si vous le pouvez, mon cher ami. Vingt-cinq louis me feront vivre jusqu'à la publication qui décidera de mon sort. Alors le livre paiera tout, si tel est le bon plaisir de Dieu, qui jusqu'à présent ne m'a pas été très favorable.

«Tout à vous,

«LA SAGNE.»

La lettre porte pour suscription: Au citoyen Fontanes, rue Honoré.[(Retour au texte principal.)]

Note 203: Cette lettre à Mme de Staël avait exactement pour titre: Lettre à M. de Fontanes sur la deuxième édition de l'ouvrage de Mme de Staël (De la littérature considérée dans ses rapports avec la morale, etc.). Cette lettre était signée: l'Auteur du Génie du Christianisme. Elle fut imprimée dans le Mercure du 1er nivôse an IX (22 décembre 1800). C'est un des plus éloquents écrits de Chateaubriand. Il figure maintenant dans toutes les éditions du Génie du Christianisme, auquel il se rattache de la façon la plus étroite.[(Retour au texte principal.)]

Note 204: Voici cette lettre:

«CITOYEN,