Note 38: Le portrait est piquant; mais elle est bien jolie aussi et des plus spirituelles, cette lettre que l'ex-préfet écrivait à M. de Marcellus le 4 octobre 1828, au moment de l'arrivée de Chateaubriand à Rome:—«Notre hiver va être très curieux. Un bateau à vapeur a remonté le Tibre jusqu'à Ripa-Grande. Six cardinaux sont allés voir le prodige, et tout Rome y court. Quelques rois s'annoncent; on attend bon nombre d'altesses malades, de souverains en retraite, de princes cadets à la demi-solde, de Russes poitrinaires; cent douzaines environ d'Anglais accompagnés de leur petite famille; Walter Scott, Mme l'impératrice Christophe et ses demoiselles, M. de Pradt et ses œuvres pies. Ce M. de Poitiers (car il faut être correct, il n'a jamais été archevêque de Malines) est toujours si vif dans son allure, qu'il a perdu sur les bancs législateurs même sa calotte d'abbé de 1789. Maintenant il espère voir un conclave à Rome, une éruption au haut du Vésuve, ou une révolution au bas. M. de Chateaubriand approche: tant de célébrité méritée m'épouvante. Il me semble qu'en l'appelant mon collègue, je lui dirai, moi indigne, une grosse sottise, etc.»[Retour au Texte Principal]

Note 39: «Il est en effet impossible, ajoute ici en marge M. de Marcellus (page 334), de ne pas reconnaître à ces vives couleurs le noble ambassadeur du Portugal. Mais, si le peintre avait retranché à sa propre malice pour ajouter à la malice innée du modèle, le portrait eût été encore plus ressemblant.»[Retour au Texte Principal]

Note 40: Canova mourut le 13 octobre 1822.[Retour au Texte Principal]

Note 41: «Le vieux Boguet, le meilleur, le plus humble et le plus doux des peintres. Il avait cette simplicité soumise et cette conversation uniforme que l'auteur recherchait dans ses familiers, parce qu'elle ne l'empêchait pas de penser à autre chose.» (Marcellus, Chateaubriand et son temps, p. 334.)[Retour au Texte Principal]

Note 42: Chateaubriand fait ici allusion à Frédéric Overbeck et à son école. Né à Lubeck en 1769, Overbeck vint à Rome en 1810. Il s'éprit pour la ville éternelle d'une telle passion qu'il ne la voulut plus quitter et y mourut, en 1869, après y avoir séjourné soixante ans. Converti au catholicisme en 1814, ayant pour devise et pour règle «que l'art n'existe pas pour lui-même, mais pour les services qu'il rend à la religion», il fut le fondateur d'une école, religieuse autant qu'artistique, dont les disciples, établis, avec le Maître, dans les ruines du couvent de Saint-Isidore, préludaient chaque matin au travail par une invocation à l'Esprit-Saint. Les jeunes peintres allemands, ainsi groupés autour de Frédéric Overbeck, sont presque tous devenus célèbres. C'étaient Jean et Philippe de Vert, Schadow, de Koch, Vogel, Eggers, Schnorr, et, le plus illustre de tous, Pierre de Cornélius. Cornélius, après quatorze années passées à Rome, de 1811 à 1824, rentra à Munich, où il devint directeur de l'Académie royale. Ses fresques de la Glyptothèque et de l'église Saint-Louis, où l'on admire surtout son Jugement dernier, lui assurent une des premières places parmi les peintres les plus célèbres de son temps.[Retour au Texte Principal]

Note 43: Jean-Victor Schnetz (1787-1870). Il était à Rome en 1828 et ne pouvait lui non plus, comme Overbeck, comme Schnorr, comme Thorwaldsen et tant d'autres artistes, se décider à la quitter. Il emprunta à l'Italie la plupart des sujets de ses tableaux, dont les meilleurs sont: une Femme de brigand fuyant avec son enfant; la Leçon du Pifferaro; une Contadine en prière; les Italiennes devant la Madone; Scène dans la campagne de Rome; des Moissonneurs écoutant le chant d'un pâtre. En 1840, il fut nommé directeur de l'École de France à Rome.[Retour au Texte Principal]

Note 44: Léopold Robert, né le 13 mars 1794 à la Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel, mort à Venise en 1835. Après 1830, appelé à donner des leçons, à Florence, à la princesse Charlotte Bonaparte, fille du roi Joseph, femme, et bientôt veuve, de son cousin Napoléon, second fils de l'ex-roi de Hollande, il en devint éperdument amoureux. Cette passion sans espoir le conduisit au suicide. Il se donna la mort le 20 mars 1835, comme l'avait fait déjà un de ses frères, dix ans auparavant, jour pour jour.—Les tableaux les plus importants de Léopold Robert sont: l'Improvisateur napolitain (1822); le Retour de la fête de la Madone de l'Arc (1822); la Halte des Moissonneurs dans les Marais Pontins (1831); le Départ des Pêcheurs de l'Adriatique pour la pêche de long cours (1835).[Retour au Texte Principal]

Note 45: Horace Vernet (1789-1853). Il succéda, en 1829, à Pierre Guérin, comme directeur de l'École de France à Rome. Parmi les toiles qu'il y composa, nous citerons: les Brigands et les Carabiniers, la Confession du brigand, la Chasse dans les Marais Pontins, la Rencontre de Raphaël et de Michel-Ange au Vatican.[Retour au Texte Principal]

Note 46: Bartolomeo Pinelli, célèbre graveur romain. On a de lui une Raccolta di cinquanta costumi pittoreschi incisi all' acqua forte (1809), et une Nuova raccolta di cinquanta costumi pittoreschi incisi all' acqua forte (1815), en tout 100 planches in-fol. C'est de ce recueil qu'il avait sans doute promis douze scènes à Chateaubriand. On doit aussi à Bartolomeo Pinelli, La scalata del Quirinale per la deportazione del S. P. (Pie VII), 1809, et 52 planches fournies par lui au Meo Patacca ovvero Roma in feste nei trionfi di Vienna. Poema Jiocoso nel Cinguoggio romanesco, di Guiseppi Berneri Romano (1823, in-fol.).[Retour au Texte Principal]

Note 47: Berthel Thorwaldsen (1769-1844), fils d'un pauvre marin de Copenhague qui sculptait des figures en bois pour la proue des navires. Envoyé de bonne heure en Italie, il se fixa en 1796 à Rome, où il devait rester pendant quarante-deux ans. Ce fut seulement en 1838 qu'il consentit à revenir dans sa patrie. À Rome, il vivait princièrement dans sa maison de la via Sestina, où il avait réuni une riche collection de monuments antiques et de peintures. Ses œuvres principales sont: le Tombeau de Pie VII à Rome; la statue équestre de Poniatowski à Varsovie; le monument de Gutenberg à Mayence; les Douze Apôtres à Notre-Dame de Copenhague; le Lion de Lucerne; les Trois Grâces; Mercure se préparant à tuer Argus; la Nuit portant dans ses bras la Mort et le Sommeil; la longue série des bas-reliefs représentant le Triomphe d'Alexandre à Babylone.[Retour au Texte Principal]