Note 48: Vincent Camuccini (1775-1844), peintre d'histoire, né et mort à Rome. Il était, en 1828, inspecteur général des musées du pape et conservateur des collections du Vatican. Pierre Guérin disait de lui: «Il s'est nourri des Anciens et de Raphaël, mais il ne les a pas digérés.» Ses meilleures toiles sont: Romulus et Rémus enfants, Horatius Coclès, la Mort de Virginie, le Départ de Régulus pour Carthage.[Retour au Texte Principal]
Note 49: Nicolas Poussin et Claude Gelée, dit le Lorrain, sont morts tous les deux à Rome; le premier, le 19 novembre 1665; le second, le 21 novembre 1682. Claude Gelée fut enterré dans l'église de la Trinité-du-Mont, et ses neveux firent placer une inscription sur sa tombe. Nous verrons plus loin que Chateaubriand fit élever à Nicolas Poussin, dans l'église de San-Lorenzo-in-Lucina, un monument digne du grand peintre.[Retour au Texte Principal]
Note 50: Le président Charles de Brosses (1709-1777). Il visita l'Italie en 1739 et rencontra à Rome le prétendant d'Angleterre, Jacques-Édouard, dit le Chevalier de Saint-Georges, fils de Jacques II et père de Charles-Édouard, que rendra bientôt si célèbre son expédition de 1745 en Écosse. Les Lettres historiques et critiques écrites d'Italie, par le président de Brosses, ont paru pour la première fois en l'an VIII, 3 vol. in-8o. Sainte-Beuve les apprécie en ces termes, dans ses Causeries du Lundi (tome VII, page 81): «Ses lettres sur l'Italie ont sur celles de Paul-Louis Courier et sur les livres du spirituel Stendhal (Beyle) un avantage durable. Venu avant eux, il est plus naturel qu'eux. Ce sentiment du beau et de l'antique, ou des merveilles pittoresques modernes, qui fait l'honneur de leur jugement, de Brosses ne se donne aucune peine pour l'avoir et pour l'exprimer: il l'a du premier bond et le rend par une promptitude heureuse. Dans cette course rapide et ce séjour de dix mois à travers l'Italie, il y a certes des côtés qu'il n'a fait qu'entrevoir en courant, et où d'autres talents trouveront matière à conquête; la campagne romaine, par exemple, les collines d'alentour, Tibur, la Villa Adriana, sont des lieux dont Chateaubriand un jour évoquera le génie attristé et nous peindra les mélancoliques splendeurs: de Brosses reste le premier critique pénétrant, fin, gai et de grand coup d'œil, qui a bien vu dans ses contradictions et ses merveilles ce monde d'Italie.»[Retour au Texte Principal]
Note 51: «Et entendismes un bruit de loing venant, fréquent et tumultueux, et nous semblait à l'ouïr que fussent cloches grosses, petites et médiocres, ensemble sonnantes comme l'on fait à Paris, à Tours, Gergeau, Nantes et ailleurs, ès jours de grandes festes. Plus approchions, plus entendions cette sonnerie renforcée.» Pantagruel, livre V, chapitre I: Comment Pantagruel arriva en l'isle sonnante, et du bruit qu'entendismes.[Retour au Texte Principal]
Note 52: Montaigne avait tenu à se faire citoyen romain. Il employa, dit-il, ses cinq sens de nature pour obtenir ce titre «ne fût-ce que pour l'ancien honneur et religieuse mémoire de son autorité.» Il fut admis au droit de cité, «par les suffrages et le jugement souverain du peuple et du Sénat, l'an de la fondation de Rome 2331.» L'auteur des Essais ne se faisait pas illusion sur l'importance de cette dignité tant désirée: «C'est un titre vain,» disait-il; puis il ajoutait avec sa naïve franchise: «Tant y a que j'ai reçu beaucoup de plaisir de l'avoir obtenu.»[Retour au Texte Principal]
Note 53: Milton n'a consigné nulle part les impressions qu'il avait reçues dans son voyage d'Italie, et il ne nous a guère laissé de son séjour à Rome d'autre trace que des vers galants, écrits en latin, il est vrai, et adressés à une cantatrice nommée Léonora: Ad Leonoram Romæ canentem.[Retour au Texte Principal]
Note 54: L'abbé Antoine Arnauld, fils aîné d'Arnauld d'Andilly, né en 1616, mort en 1698. Il a laissé d'agréables Mémoires. Il était le petit-fils d'Antoine Arnauld, l'avocat, et le neveu d'Antoine Arnauld, dit le grand Arnauld.[Retour au Texte Principal]
Note 55: Mme de Sévigné écrivait encore à M. de Coulanges: «Je fis réflexion à cette vie de Rome, si bien mêlée de profane et de santissimo.... Je songeai à cette boule où vous étiez grimpé avec vos jambes de vingt ans (la boule qui surmonte la coupole de Saint-Pierre) ... et combien je me promènerais de jours et d'années dans le plain-pied de nos allées, sans me trouver jamais dans cette boule.» Un peu plus loin, elle dit: «Ah! que j'aimerais à faire un voyage à Rome!» Puis elle ajoute: «Mais ce serait avec le visage et l'air que j'avais il y a bien des années, et non avec celui que j'ai maintenant. Il ne faut point remuer ses os, surtout les femmes, à moins d'être ambassadrice.»[Retour au Texte Principal]
Note 56: Jacob Spon (1647-1685). Son Voyage d'Italie, de Dalmatie, de Grèce et du Levant (1678, 3 vol. in-12) a été souvent réimprimé.[Retour au Texte Principal]
Note 57: François-Maximilien Misson, conseiller au parlement de Paris, mort le 22 janvier 1722, à Londres, où il s'était réfugié après la révocation de l'édit de Nantes. Son Nouveau voyage d'Italie (1691-98, 3 vol. in-12) eut un grand succès. L'édition de 1722 est accompagnée de notes d'Addison.[Retour au Texte Principal]