[4] Voir, à défaut des quartiers eux-mêmes, la série d'articles extrêmement curieux publiés par M. de Coëtlogon, dans la Gazette de France, en 1864 et 1865.
[5] Un journal de province s'est attiré un communiqué pour avoir évalué à une trentaine de millions les frais d'établissement de cette dernière promenade: ils ne paraissent pas devoir dépasser le quart de cette somme, dit le communiqué,—d'où l'on peut conclure hardiment qu'ils en atteindront au moins la moitié.
[6] Chaque arbre ainsi transplanté revient, en moyenne, à deux cents francs. (Revue des Deux Mondes du 1er février 1865, article de M. Clavé.)
[7] Depuis que ceci est imprimé, le Paradis artificiel a disparu, à ce que nous croyons, ou il a émigré. C'est dommage: il était là à sa vraie place.
[8] L'administration du bois de Boulogne comprend quatre services, et de véritables armées d'employés, le tout nécessité par sa transformation en parc à l'anglaise. L'entretien de ses plantations figure sur les budgets ordinaire et extraordinaire de 1865 pour une somme de trois millions trois cent quatre-vingt-six mille francs, et l'on sait la distance habituelle qu'il y a du budget projeté au budget définitif. Que dites-vous du prix? Il me semble que c'est cher, mais je me trompe peut-être.
[9] Aujourd'hui, la menace est accomplie. Il paraît qu'on avait conçu des craintes sur la solidité de cette galerie; mais ces craintes, venues à point nommé, et qui font honneur au zèle ingénieux de l'édilité actuelle, ont dû se convaincre qu'elles étaient singulièrement prématurées, devant ces fondations d'une solidité prodigieuse qui a opposé une résistance héroïque au vandalisme des pioches et des leviers conjurés contre elles. En restera-t-on là, du moins? M. Berryer a eu l'indiscrétion de le demander en pleine Chambre, dans la séance du 28 mai 1864, et l'organe du gouvernement a bien voulu le rassurer, en affirmant d'une façon solennelle qu'on n'avait pas actuellement l'intention de reconstruire en entier les Tuileries. Cet adverbe a fait frémir tous ceux qui sont au courant du vocabulaire officiel, et il suffit de jeter un coup d'œil sur les derniers travaux pour être fixé sur la valeur de cette réponse. Tout en professant le respect qui sied pour les paroles de l'orateur du gouvernement, on peut prédire, sans crainte de démenti et sans avoir la prétention de se poser en prophète, que le nouveau pavillon de Flore exigera un nouveau pavillon de Marsan, et que la reconstruction de la galerie du bord de l'eau entraînera celle de la galerie qui longe la rue de Rivoli. Nous serons trop heureux si l'on ne va pas plus loin.
[10] Depuis que ceci est écrit, j'ai lu dans quelques journaux qu'en effet on venait de s'aboucher avec les propriétaires du Grand-Hôtel pour leur acheter le droit de démolir l'angle du bâtiment qui masque l'Opéra, et qu'on était arrêté par le prix effrayant qu'ils en demandent. Il est à croire que ce temps d'arrêt ne sera pas long.
[11] Ce projet n'est pas nouveau. Je ne remonterai pas jusqu'à Henri IV, et l'idée qu'il avait conçue de faire converger vers la place de l'Europe des rues portant les noms des provinces: dans ces limites, rien n'était plus légitime. En son ouvrage intitulé: Paris à la fin du dix-huitième siècle (in-8°, p. 83), Pujoulx expose tout au long un plan qui lui est propre, et qui consiste, en considérant Paris comme le centre d'un vaste État, à présenter dans les dénominations de toutes ses rues, impasses, places et quartiers, un résumé de la carte géographique. Sous la Révolution, le 14 brumaire an II, le citoyen Chamouleau, au nom de la section des Arcis, avait fait sur le même sujet une proposition beaucoup plus originale à la Convention. Voici comme elle était formulée: «Les communes de la France seront divisées en arrondissements particuliers, dont chaque place publique sera le centre; toute place publique portera le nom d'une vertu principale. Les rues affectées à l'arrondissement de cette place seront désignées par les noms des vertus qui auront un rapport direct avec cette vertu principale. Lorsqu'il n'y aura pas assez de vertus, on se servira de ceux de quelques grands hommes; mais on les rangera dans l'arrondissement de leur vertu principale.—À Paris, par exemple, le Palais National s'appellera Temple ou Centre du républicanisme; l'Hôtel-Dieu, Temple de l'humanité républicaine; la Halle, Place de la frugalité républicaine. Les rues adjacentes, pour la première, seront les rues de la Générosité, de la Sensibilité, etc., et pour la seconde, de la Tempérance, de la Sobriété, etc. Il s'ensuivra que le peuple aura à chaque instant le mot d'une vertu dans la bouche, et bientôt la morale dans le cœur.» Pourquoi cet admirable projet n'a-t-il pas eu de suites? Mais on pourrait le reprendre aujourd'hui: ce serait une telle occasion de mettre les vertus du dix-neuvième siècle en lumière, à moins toutefois qu'on ne craigne, selon le cas prévu par le sagace citoyen Chamouleau, qu'il n'y on ait pas assez.
[12] Un bruit court,—et l'expérience nous a appris que, sur le chapitre des travaux de Paris, il faut tenir grand compte des bruits qui courent,—un bruit court qu'on nous prépare un nouveau pont entre celui des Arts et celui des Saints-Pères, pour correspondre à un guichet du Louvre qui n'est pas encore ouvert, et à une rue qu'on se propose de percer. Seulement, quand il aura été bâti, les deux autres seront devenus inutiles, et on trouvera encore vingt excellentes raisons pour les démolir.—M. Haussmann n'est pas heureux avec les ponts, comme l'a fait observer M. F. de Lasteyrie. Après avoir exécuté séparément les deux tronçons du boulevard de Sébastopol sur la rive droite et sur la rive gauche, il s'est aperçu non-seulement qu'ils n'étaient pas dans le même axe, mais encore qu'ils n'étaient ni l'un ni l'autre dans l'axe des deux ponts destinés à les mettre en communication. Il a fallu les abattre tous deux pour les reconstruire à côté: c'était l'affaire de quelques millions seulement, ce qui ne vaut pas la peine d'en parler. Mais, après cette opération, il s'est trouvé que le nouveau pont au Change n'était guère mieux que l'autre en ligne droite avec le boulevard. Voilà qui s'appelle jouer de malheur. Reste la ressource de le démolir une seconde fois.
[13] Ici encore ma conjecture s'est trouvée vérifiée. La plupart des journaux ont raconté, vers la fin de décembre dernier, l'histoire instructive de M. B., sujet anglais, domicilié à Paris, au lieu dit, il y a quatre ans, place Pentagonale; il y a deux ans, place Wagram, et connu aujourd'hui sous sa première appellation de place Pentagonale, le nom de Wagram ayant été donné récemment à un autre square placé dans le même quartier. M. B..... envoya, le 22 décembre, de la rue Vivienne, où il a son bureau, une dépêche à sa famille, laquelle dépêche lui fut retournée le lendemain avec cette mention: Destinataire inconnu.—La place Pentagonale n'existe pas. M. B...., qui habite depuis plusieurs années le lieu en question, trouva l'assertion un peu absolue. Français, il se le fût tenu pour dit, et serait resté convaincu que, par une erreur dont il était seul coupable, il avait cru demeurer en un endroit qui n'existait que dans son imagination. Mais M. B.... est Anglais, et, fidèle à la devise de l'Angleterre: Dieu et mon droit, il adressa une réclamation à la direction générale des lignes télégraphiques, qui s'excusa il faut lui rendre cette justice, avec le plus grand empressement.