Votre honorable invitation me parvient au moment de mon depart pour Guernesey. C'est un regret pour moi de ne pouvoir assister a votre noble et touchante reunion.
Votre congres d'etudiants prend une genereuse initiative. Vous etes dans le sens du siecle et vous marchez. Vous prouvez le mouvement. C'est bien.
Par la fraternite des ecoles, vous faites l'annonce de la fraternite des peuples, vous realisez aujourd'hui ce que nous revons pour demain. Qui serait l'avant-garde si ce n'est vous, jeunes gens? L'union des nations, ce grand but, lointain encore, des penseurs et des philosophes, est, des a l'instant, visible en vous. J'applaudis a votre oeuvre de concorde et a cette paix des hommes deja signee entre nos enfants. J'aime dans la jeunesse sa ressemblance avec l'avenir.
Une porte est ouverte devant nous. Sur cette porte on lit: Paix et liberte! Passez-y les premiers; vous en etes dignes, c'est l'arc de triomphe du progres.
Je suis avec vous du fond du coeur.
VICTOR HUGO.
1866
Le Droit a la liberte—Le droit a la vie. Le droit a la patrie.