Hauteville-House, 19 mars 1866.

A M. CLEMENT DUVERNOIS

Monsieur,

Vous souhaitez, en termes magnifiques et avec l'accent d'une sympathie fiere, la bienvenue a mon livre, les Travailleurs de la mer. Je vous remercie.

Vous, intelligence eminente et conscience ferme, vous faites partie d'un vaillant groupe puissamment commande. Vous arborez l'eternel drapeau, vous jetez l'eternel cri, vous revendiquez l'eternel droit: liberte!

La liberte, c'est la aujourd'hui l'immense soif des consciences. La liberte est de tous les partis, etant le mode vital de la pensee. Toute ame veut la liberte comme toute prunelle veut la lumiere. Aussi, des le premier jour, la foule s'est tournee vers vous.

Je veux, comme vous, la liberte; je partage a cette heure son exil.

J'ai ecrit: Le jour ou la liberte rentrera, je rentrerai. J'attends la liberte avec une grande patience personnelle et une grande impatience nationale.

La France sans la liberte, c'est encore la deesse, ce n'est plus l'ame.

En quoi je differe de vous, le voici: je suis un revolutionnaire. Pour moi la revolution continue.