A la liberte poinconnee par le despotisme, a la prosperite derivant d'une catastrophe, a la justice rendue au nom d'un accuse, a la magistrature marquee des lettres L. N. B., a 89 vise par l'empire, au 14 Juillet complete par le 2 Decembre, a la loyaute juree par le faux serment, au progres decrete par la retrogradation, a la solidite promise par la ruine, a la lumiere octroyee par les tenebres, a l'escopette qui est derriere le mendiant, au visage qui est derriere le masque, au spectre qui est derriere le sourire, nous disons Non.

Du reste, si l'auteur du coup d'etat tient absolument a nous adresser une question a nous, peuple, nous ne lui reconnaissons que le droit de nous faire celle-ci:

"Dois-je quitter les Tuileries pour la Conciergerie et me mettre a la disposition de la justice?

"NAPOLEON."

Oui.

VICTOR HUGO.

Hauteville-House, 27 avril 1870.

X

LA GUERRE EN EUROPE

En juillet 1870, la guerre eclate. Le piege Hohenzollern est tendu par la Prusse a la France, et la France y tombe. Victor Hugo croyait la France armee, et, par consequent, d'avance il la croyait victorieuse. Il deplorait pourtant cette guerre, et il songeait au sang qu'elle allait repandre.