"Le jubile du 23 avril sera la vraie fete de l'Angleterre. Cette noble Angleterre, representee par sa fiere et eloquente tribune, et par son admirable presse libre et souveraine, a toutes les gloires qui font les grands peuples dignes des grands poetes. L'Angleterre merite Shakespeare.
"Veuillez, monsieur, communiquer cette lettre au Comite, et recevoir l'assurance de mes sentiments tres distingues.
"VICTOR HUGO."
1865
LA PEINE DE MORT
Ce qui suit est extrait du Courrier de l'Europe:
"Les symptomes precurseurs de l'abolition de la peine de mort se prononcent de plus en plus, et de tous les cotes a la fois. Les executions elle-memes, en se multipliant, hatent la suppression de l'echafaud par le soulevement de la conscience publique. Tout recemment, M. Victor Hugo a recu, dans la meme semaine, a quelques jours d'intervalle, deux lettres relatives a la peine de mort, venant l'une d'Italie, l'autre d'Angleterre. La premiere, ecrite a Victor Hugo par le comite central italien, etait signee "comte Ferdinand Trivulzio, docteur Georges de Giulini, avocat Jean Capretti, docteur Albert Sarola, docteur Joseph Mussi, conseiller provincial, docteur Frederic Bonola." Cette lettre, datee de Milan, 1er fevrier, annoncait a Victor Hugo la convocation d'un grand meeting populaire a Milan, pour l'abrogation de la peine capitale, et priait l'exile de Guernesey d'envoyer, par telegramme, immediatement, au peuple de Milan assemble; quelques paroles "destinees, nous citons la lettre, a produire une commotion electrique dans toute l'Italie". Le comite ignorait qu'il n'y a malheureusement point de fil telegraphique a Guernesey. La deuxieme lettre, envoyee de Londres, emanee d'un philanthrope anglais distingue, M. Lilly, contenait le detail du proces d'un italien nomme Polioni, condamne au gibet pour un coup de couteau donne dans une rixe de cabaret, et priait Victor Hugo d'intervenir pour empecher l'execution de cet homme.
M. Victor Hugo a repondu au message venu d'Italie la lettre qu'on va lire:
A MM. LES MEMBRES DU COMITE CENTRAL ITALIEN POUR L'ABOLITION DE LA PEINE DE MORT
Hauteville-House, samedi 4 fevrier 1865.