Et maintenant expulsez-nous!
VICTOR HUGO.
Jersey, 17 octobre 1855.
A la signature de Victor Hugo vinrent se joindre trente-cinq signatures de proscrits. Les voici:
Le colonel SANDOR TELEKI, E. BEAUVAIS, BONNET-DUVERDIER, HENNET DE
KESLER, ARSENE HAYES, ALBERT BARBIEUX, ROOMILHAC, avocat; A.-C.
WIESENER, ancien officier autrichien; le docteur GORNET, CHARLES HUGO,
J.-B. AMIEL (de l'Ariege), FRANCOIS-VICTOR HUGO, F. TAFERY, THEOPHILE
GUERIN, FRANCOIS ZYCHON, BENJAMIN COLIN, EDOUARD COLET, KOZIELL,
V. VINCENT, A. PIASECKI, GIUSEPPE RANCAN, LEFEBVRE, BARBIER,
docteur-medecin; H. PREVERAUD, condamne a mort du Deux-Decembre
(Allier); le docteur FRANCK, proscrit allemand; PAPOWSKI et ZENO
SWIETOSLAWSKI, proscrits polonais; EDOUARD BIFFI, proscrit italien;
FOMBERTAUX pere, FOMBERTAUX fils, CHARDENAL, BOUILLARD, le docteur
DEVILLE.
Ce qui suit est extrait du livre les Hommes de l'exil, par Charles
Hugo:
Le samedi 27 octobre 1855, a dix heures du matin, trois personnes se presenterent a Marine Terrace et demanderent a parler a M. Victor Hugo et a ses deux fils.
"A qui ai-je l'honneur de parler? demanda M. Victor Hugo au premier des trois.
—Je suis le connetable de Saint-Clement, monsieur Victor Hugo. Je suis charge par son excellence le gouverneur de Jersey de vous dire qu'en vertu d'une decision de la couronne, vous ne pouvez plus sejourner dans cette ile, et que vous aurez a la quitter d'ici au 2 novembre prochain. Le motif de cette mesure prise a votre egard est votre signature au bas de la "Declaration" affichee dans les rues de Saint-Helier, et publiee dans le journal l'Homme.
—C'est bien, monsieur."