Ordener avait l’esprit trop grave pour rire des mésaventures de son compagnon. Ce fut d’une voix affectueuse qu’il rompit le premier le silence.

—Vieillard, quelle est donc déjà cette ruine où l’on pourra trouver demain Han d’Islande, à ce qu’affirme ce petit homme qui paraît tout savoir?

—Je l’ignore.... Je l’ai mal entendu, noble maître, dit Spiagudry, qui en effet ne mentait pas.

—Il faudra donc, continua le jeune homme, se résigner à ne le rencontrer qu’après-demain à cette grotte de Walderhog?

—La grotte de Walderhog, seigneur! c’est en effet la demeure favorite de Han d’Islande.

—Prenons-en le chemin, dit Ordener.

—Tournons à gauche, derrière le rocher d’Oëlmoe; il faut moins de deux journées pour arriver à la caverne de Walderhog.

—Connaissez-vous, vieillard, reprit Ordener avec ménagement, ce singulier homme qui semble si bien vous connaître?

Cette question réveilla dans Spiagudry les craintes qui commençaient à s’affaiblir à mesure qu’ils s’éloignaient de la bourgade d’Oëlmoe.

—Non, vraiment, seigneur, répondit-il d’une voix presque tremblante. Seulement, il a une voix bien étrange!