Celui-ci, pendant que les deux enfants se jetaient bruyamment au cou de leur oncle, lui tendit la main gravement.
—Sois le bienvenu, mon frère.
Puis, se tournant vers Ordener:
—Seigneur, c’est notre frère, le renommé chasseur Kennybol, des montagnes de Kole.
—Je vous salue tous cordialement, dit le montagnard en ôtant son bonnet de peau d’ours. Frère, je fais mauvaise chasse sur vos côtes, comme tu ferais sans doute mauvaise pêche dans nos montagnes. Je crois que je remplirais encore plutôt ma gibecière en cherchant des lutins et des follets dans les forêts brumeuses de la reine Mab. Sœur Maase, vous êtes la première mouette à laquelle j’ai pu dire bonjour de près aujourd’hui. Tenez, amis, Dieu vous maintienne en paix! c’est pour ce méchant coq de bruyère que le premier chasseur du Drontheimhus a couru les clairières jusqu’à cette heure et par ce temps.
En parlant ainsi, il tira de sa carnassière et déposa sur la table une gelinotte blanche, en affirmant que cette bête maigre n’était pas digne d’un coup de mousquet.
—Mais, ajouta-t-il entre ses dents, fidèle arquebuse de Kennybol, tu chasseras bientôt de plus gros gibier. Si tu n’abats plus des robes de chamois ou d’élan, tu auras à percer des casaques vertes et des justaucorps rouges.
Ces mots, à demi entendus, frappèrent la curieuse Maase.
—Hein! demanda-t-elle, que dites-vous donc là, mon bon frère?
—Je dis qu’il y a toujours un farfadet qui danse sous la langue des femmes.