—Le roi? c’est celui pour lequel je prie matin et soir sans le connaître.

Éthel ne comprit pas pourquoi l’étrangère se mordit les lèvres à cette réponse.

—Votre malheureux père ne vous nomme jamais, dans sa colère, ses implacables ennemis, le général Arensdorf, l’évêque Spollyson, le chancelier d’Ahlefeld?

—J’ignore de qui vous me parlez.

—Et connaissez-vous le nom de Levin de Knud?

Le souvenir de la scène qui s’était passée la surveille entre le gouverneur de Drontheim et Schumacker était trop récent dans l’esprit d’Éthel, pour que le nom de Levin de Knud ne la frappât point.

—Levin de Knud? dit-elle; il me semble que c’est cet homme pour lequel mon père a tant d’estime et presque tant d’affection.

—Comment! s’écria la grande femme.

—Oui, reprit la jeune fille, c’est ce Levin de Knud que mon seigneur et père défendait si vivement avant-hier contre le gouverneur de Drontheim.

Ces paroles redoublèrent la surprise de l’autre: