—Contre le gouverneur de Drontheim! Ne vous jouez pas de moi, ma fille. Ce sont vos intérêts qui m’amènent. Votre père prenait contre le gouverneur de Drontheim le parti du général Levin de Knud!
—Du général! il me semble que c’était du capitaine... Mais non; vous avez raison.—Mon père, poursuivit Éthel, paraissait conserver autant d’attachement à ce général Levin de Knud qu’il témoignait de haine au gouverneur du Drontheimhus.
—Voilà encore un étrange mystère! dit en elle-même la grande femme pâle, dont la curiosité s’allumait de plus en plus.—Ma chère enfant, que s’est-il donc passé entre votre père et le gouverneur de Drontheim?
L’interrogatoire fatiguait la pauvre Éthel, qui regarda fixement la grande femme.
—Suis-je donc une criminelle pour que vous m’interrogiez ainsi?
À ce mot si simple, l’inconnue parut interdite, comme si elle sentait le fruit de son adresse lui échapper. Elle reprit néanmoins, d’une voix légèrement émue:
—Vous ne me parleriez pas ainsi si vous saviez pourquoi et pour qui je viens.
—Quoi! dit Éthel, viendriez-vous de sa part? m’apporteriez-vous un message de lui?
Et tout son sang rougissait son beau visage; et tout son cœur s’était soulevé dans son sein, gonflé d’impatience et d’inquiétude.
—... De qui? demanda l’autre.