—J’entends, dit le jeune homme. Je suis prêt.
Le ministre s’avança vers lui.
—Dieu est prêt aussi à vous recevoir, mon fils.
—Seigneur ministre, reprit Ordener, votre visage ne m’est pas inconnu. Je vous ai vu quelque part. Le ministre s’inclina.
—Je vous reconnais aussi, mon fils. C’était dans la tour de Vygla. Nous avons tous deux montré ce jour-là combien les paroles humaines ont peu de certitude. Vous m’avez promis la grâce de douze malheureux condamnés, et moi je n’ai point cru en votre promesse, ne pouvant deviner que vous fussiez ce que vous êtes, le fils du vice-roi; et vous, seigneur, qui comptiez sur votre puissance et sur votre rang, en me donnant cette assurance....
Ordener acheva la pensée qu’Athanase Munder n’osait compléter.
—Je ne puis aujourd’hui obtenir aucune grâce, pas même la mienne; vous avez raison, seigneur ministre. Je respectais trop peu l’avenir; il m’en a puni, en me montrant sa puissance supérieure à la mienne.
Le ministre baissa la tête.
—Dieu est fort, dit-il.
Puis il releva ses yeux bienveillants sur Ordener en ajoutant: